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jeudi 6 juin 2013

Voilà pourquoi il ne faut pas écouter Rodrigo Beenkens!

Source: Rtbf.be

L'immense Rodrigo Beenkens écrivait ce 20 mai, au lendemain du 32ème titre des mauves, une chronique très péremptoirement intitulée "Voilà pourquoi il faut arrêter les playoffs" sur le ouèbe ertébéen. Malgré l'énorme respect pour un des plus grands journalistes sportifs contemporains, ou plutôt à cause de l'admiration que je lui porte, je réagis. Un peu de craie blanche sur un tableau si noir.

Beenkens entame sa brève dissertation par une question: Comment expliquer notre système actuel à des étrangers? La question est légitime. En effet, le petit monde du football a depuis quelques années les yeux braqués sur notre beau pays. Au bar du club all-inclusive où vous passez vos vacances,  un allemand en tongues et chaussettes blanches, ou un anglais rougeaud et tatoué jusqu'au oreilles, ou bien encore le serveur espagnol vous interpelle et pose les constats suivants. Vos Diables Rouges ont progressé de la 66ème place au classement FIFA à la 12ème place en 4 ans(2009-2013). Comme par miracle, la Pro League qui ne plaçait plus d'équipe dans les poules de Champions League depuis 10 ans y figure depuis 3 ans.  Par un coup de baguette magique, une compétition qui bradait ses meilleurs joueurs pour deux Snickers et un Mars, négocie aujourd'hui à partir de 8 millions d'euros. Se faisant, dans une Europe traversant une crise économique profonde, le plat pays a vu, sans intervention qatarie, ses principaux clubs engranger des bénéfices à 7 voir 8 chiffres. Jens, John et Javier vous posent la même question :  Vous avez changé quoi depuis 2009? Et vous vous entendez répondre, incrédule peut-être: On a réformé le championnat...

Poser comme ceci, mon raisonnement se résume à dire que la réforme du championnat a généré le glorieux niveau actuel de nos Diables. Bien entendu, j'entends vos soupirs, cette conclusion ridiculise mon développement. Prétendre que les playoffs ont accouché seul d'un si bel enfant est absurde. Grotesque.

Mais d'un autre côté, affirmer que la refonte de la compétition n'a eu aucune influence de près ou de loin me semble, sorry Rodrigo, tout aussi inepte. La théorie de la "Génération Dorée" qui attribuerait aux seuls dieux du foot le talent de nos diables ne tient pas la route. Qu'on remercie le ciel et le hazard de s'être penché sur le berceau de l'un ou l'autre, passe encore. Mais pas quand nous alignons 10 ou 12 top-players. Des talents fous égayent chaque ligne de l'équipe, et ce n'est pas juste l'une ou l'autre superstar qui fait parler de nous hors de nos frontières.  Le type chez Panini qui devra choisir le diable à la vignette brillante dans l'album Copa Do Mundo Brazil 2014 va se gratter la tête. Mon constat va à l'encontre des idées mainstream répandues par Beenkens dans sa chronique, et s'oppose à l'air du temps fait, et défait, par les docteurs es football. Mon constat risque même de les blesser, des les torturer, aussi je prends de très grosses pincettes. Attention ça va faire mal. Je prétend que: éventuellement peut-être, sous certains points de vue, certains observateurs, peuvent, possiblement, émettre l'hypothèse d'une façon très générale que le niveau de notre football a progressé depuis la mise en place du nouveau système. Aie. C'est d'ailleurs, ce que nous disent, quand on veut bien les entendre, les étrangers à qui Rodrigo s'explique. Pas besoin de Jens, John et Javier pour enfoncer des portes si grandes ouvertes. Les colonnes de nos journaux encensent les diables matchs après matchs, au fil des semaines.

Néanmoins, peu ou prou admettent, par manque de discernement, par manque de clairvoyance, une quelconque influence de la réforme sur l'embellie. Bien sûr, la réforme n'est pas la raison, mais bien une des raisons. L'Histoire rendra grâce à Yvan De Witte.

Une telle révolution a de facto impacté nos clubs et leurs joueurs. Un exemple comme un autre. Le parcours psycho-dramatique du RSCA dans les PO1, je parle ici du pétage de plombs de VDB contre Monsieur Boucaut, de l'interruption des entraînements par les "supporters", et de l'intervention du sophrologue-professeur de danse John Troost, fait preuve. Indéniablement, cette épopée laissera des traces dans les esprits, les joueurs ont gagné en vécu. En s'extirpant malgré tout du mauvais pas, le groupe Mauve émerge grandit de l'histoire. CQFD.

Sans les PO1, Anderlecht savourerait probablement déjà son titre depuis belle lurette. Dans les championnats dits classiques, nous voyons tous arriver de loin les lauréats, méritant par ailleurs,  du Bayern, du PSG, de Manchester et du Barça. Les duels au finish entre deux cadors sont, qu'on le veuille ou non, l'exception. Avoir 4 prétendants au titre à 3 journées de la fin, apporte(pourquoi le nier?) un surplus de tension, un ajout de suspens, un je-ne-sais-quoi de valeur ajoutée à nos jolis mois de mai. Pour moi, supporter, comme pour les joueurs. Par quelle gymnastique de l'esprit peut on alléguer que la succession des matchs à enjeux en Bundesliga, en Premier league ou en Liga permet de passer un cap, et d'un autre côté, que chez nous, terminer les festivités par dix matchs-couperets tire nos joueurs vers le bas?

Notons par ailleurs, que l'une des différences notables entre l'ère Vandereycken et l'ère Wilmots se situe probablement dans l'origine des joueurs utilisés. Sous René, par choix, par dépit, ou par exotisme, les joueurs formés à l'étranger avait la part belle. Sous son règne, la mode était au made in Oranje (Vermaelen, Dembelé, Vertonghen, Swerts, Maartens, Tom De Mul), voir au Made in La France ( Hazard, Mirallas). Depuis 2009, la tendance s'est inversée. Dans le groupe élargi de Marc Wilmots, de nouvelles pousses ont fleuri. Courtois, Mignolet, Kaminski, Thorgan Hazard, Benteke, Lukaku, Lestienne et Vossen. Pas si mal comme moisson, pour une réforme si stérile. Un proverbe danois nous dit :"On ne moissonne pas du bon blé d'un mauvais champs".

La preuve de l'impact des playoffs étant faite, et attendu que nombreux sont ceux qui en font le procès, écoutons les arguments de chacun. Dans le rôle du procureur, Rodrigo Beenkens mentionne dans sa chronique un réel embrouillamini dans les règlements, les deux matchs de plus du Standard face à La Gantoise avant l'affrontement décisif pour le dernier ticket européen, et notre absence printanière en Europa League. Son réquisitoire se termine comme il l'a commencé: il faut arrêter avec les playoffs! Sur le banc de la défense, j'aligne 3 défenseurs en ligne, tactique osée s'il en est. Trois soutiens de votre connaissance, Jens, John et Javier. Je ne copie-colle pas leurs constats d'ici plus haut, mais je résume. Depuis 2009, nos joueurs ont progressés, leurs valeurs marchandes ont explosé et nos principaux clubs s'enrichissent en les marchandant, et en pérennisant leur présence en CL. Nos Diables impressionnent individuellement depuis quelque temps déjà, et collectivement depuis l'arrivée de Willy.


A vous de juger.




mercredi 22 septembre 2010

La saison rouche de Benteke


Une fois le départ d' Aloys Nong devenu inévitable, les dirigeants malinwas se devaient de trouver une solution offensive. Il s'agissait bien là d'une véritable obligation, vu l'absence d'autres attaquants dans l'effectif ,aussi, le staff des "yellow and red"  a su la jouer fine en incluant dans la transaction le grand Christian Benteke.

Une fois de plus, la vérité d'un jour n'est pas celle du lendemain en football. Si le néo-international avait rejoint les bords de la Dyle durant le mercato, tous auraient applaudi des deux mains le joli coup des malinois. Dans les dernières heures du 31 août, c'est plutôt un indésirable que le Standard a refourgué. Et pourtant, au sortir d'une belle saison avec Courtrai, Benteke semblait promis à un bel avenir chez des rouches enclins à laisser leurs chances aux jeunes pousses talentueuses. Mais pour le coup, après seulement cinq matchs de compétition, D'Onofrio et consorts s'assoient sur le politique de jeunes, et tape dans leur fameux "trésor de guerre" pour combiner les arrivées simultanées de Nong, Leye et Tchité.

On connait la raison invoquée, ou tout du moins ce qui a amené le départ de Benteke: son inefficacité devant le but depuis la reprise. L'argument est de poids: un attaquant qui n'en mets pas un minimum au fond des filets dans toutes les équipes du monde, il se retrouve sur le banc (où à la buvette pour les plus chanceux d'entre eux). Sauf que...sauf que l'incorrigible petit curieux que je suis ne peux s'empêcher de se poser des questions. En un mot comme en cent : le grand Christian est- il devenu....mauvais??

Je pars donc à l'analyse des prestations 2010-2011 en bord de Meuse de Benteke, c'est pas les travaux d'Hercule, il n'a joué que 5 matchs. Commençons par un rapide état de lieux, il se passe quoi durant l'été à Liège? Il y a des départs, ok! Qui ca? Jovanovic, Mbokani, et De Camargo..ah oui tout de même! On ne peut donc pas vraiment dire que Benteke arrive dans un secteur offensif qui ait atteint, mesdames, messieurs, sa vitesse de croisière. Pour faire oublier le susnommé trident offensif, il fallait peut-être avoir les épaules un peu plus large que l'ami Christian du haut de ses 19 ans. Les supporters rouges ont connu caviars et champagnes ces derniers temps, aussi les attentes sont grandes, trop grandes. En ce début de saison, de nombreux consultants et journalistes s'inquiètent de la Lukaku-dépendance à Anderlecht. Si le pression est énorme sur ce gamin de 17 ans, il peut néanmoins compter d'une part, sur la confiance, le soutien, et l'habile gestion des médias de son club qui le protège au maximum. D'autre part, le petit Romelu à lors de son éclosion pu compter sur des éléments talentueux et routiniers comme Boussoufa, Legear et Suarez pour le servir au mieux en zone de finition. Force est de constater que Benteke n'a pu compter ni sur le soutien de son club, ni sur de solides compères d'attaques! Alors si Romelu a 17 ans, n'oublions pas que Christian n'en a que 19. Si le talent n'attends pas le nombre des années, et Benteke en a beaucoup, Anderlecht a compris qu'un jeune joueur doit être entouré dans les bons comme les mauvais moments. Le Standard ne l'a, pour le coup, pas compris.

Dans le même ordre d'idée, le néo-diable n'as pas vraiment été mis dans la ouate sur le terrain. Les tactiques à dimensions variables du "garagiste" l'ont successivement associé à Bokanga ( Zulte Waregem), Cyriac( au Lierse et contre Lokeren),  puis aligné seul en pointe à Saint-Trond. Difficile de trouver des automatismes dans ces conditions. Au sortir d'une saison décevante, les changements tactiques systématiques ne semblent pas vraiment la meilleure manière d'amener des certitudes et de dégager en touche les nombreux doutes d'une très jeune équipe. Des méthodes situées à des années lumières de la confiance et l'expérience qu'insufflait Leekens à ses protégés. A Courtrai chacun connaissait, son rôle sur le bout des doigts, ce qui a permis au club de terminer au pied du podium et de révéler les talents de Benteke et Ciman, entres autres.

Si le Standard avait probablement besoin de renfort en attaque,  il est triste et dommage que ca soit au détriment de Benteke. En jouant le coup de la sorte, le jeune attaquant a non seulement pris un sérieux coup de poignard dans le dos, mais est apparu comme bouc émissaire du piètre début de saison. Dorénavant, en tant que seul atout offensif du FC Malines, l'attaquant pourra engranger les matchs et la confiance, et, je l'espère prouver, à nouveau, à tous, que non il n'est pas....si mauvais!. Mais pourquoi lui souhaiter autant de bien? Car dans la perspective où Leekens installe un système de jeu pérenne avec les diables, Christian Benteke me semble le meilleur remplaçant de Lukaku.. Je dis bien remplaçant, pas complément, car s'il n'a pas tout à fait le même profil, il permet de conserver(on y revient!) le même schéma tactique en cas de blessure d'un Lukaku encore fragile. Et çà, au vu des derniers matchs des diables, je suis sûr que Long Couteau(on y revient aussi!) l'envisage depuis longtemps déjà...