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mercredi 8 août 2012
Grande gueule!
Au moment de s'étendre sur les ambitions de son Club de Bruges, Bart Verhaeghe est très clair. Le titre, le titre et le titre! Le président brugeois est issu du milieu des affaires et sait arriver à ses fins. Quand il veut, il peut. Dans le monde froid des affaires, dans le monde de requins des entrepreneurs, Verhaeghe a fait son trou au point d'atteindre le top 100 des belges les plus fortunés... à seulement 46 ans.
Mais au delà du financier, Verhaeghe est un homme. Un homme avec un coeur qui bat, qui bat pour le Club de Bruges dont il est fan depuis toujours. Alors en 2010 quand il a l'occasion, et les moyens, de rentrer dans la direction du club, il n'hésite pas: il fonce! Un an plus tard, il remplace déjà Pol Jonckheere au poste de président, et se lance dans la professionnalisation à outrance. Les méthodes qui ont fait de lui un entrepreneur à succès sont copiées/collées au FCB. Les campagnes de recrutements se font plus ambitieuses, on recrute de l'international avec Hogli, Rafaelov, Zimling. On recrute également au FC Barcelone avec Vazquez, ou encore des serials buteurs avec Vleminckx, Tchité, Bacca. Et quand, Koster s’essouffle à la tête de l'équipe, Verhaeghe va chercher un nom, Christoph Daum. Ça faisait longtemps qu'on avait plus vu un calibre comme ça en Belgique!
Mais le teuton ne fait pas de vieux os en Belgique, et il faut partir à la recherche d'un nouveau cador. Imaginons un instant, le profil-type qu'un club comme Bruges dessine pour le costume de T1.... Ou plutôt, imaginons un instant, comment un businessman comme Verhaeghe établirait le CV idéal.
Dans le monde de l'entreprise, quand une firme cherche à pourvoir un poste, que cela soit magasinier ou directeur des ventes, une expérience assortie de résultats dans le domaine est bien souvent exigée. D'autant plus quand l'entreprise émarge du top dans son rayon, un challenger peut prendre des risques, pas un leader. Dès lors, quand le Club de Bruges cherche un coach, on peut s'attendre que l'heureux élu ai un palmarès bien rempli. De nombreuses coupes qui montrent à tous que le bonhomme est capable de garnir l'armoire à trophées. Si on cherche un candidat pour gagner le Tour de France, on n'engage pas le 17ème du Tour d'Algarve, mais plutôt le triple vainqueur du Giro! D'autant plus quand on est prêt à payer le type 1.2 millions d'euros par an!
Dès lors, si j'étais dans le CA du FCB, je me serais mis à éplucher les palmarès en Belgique, aux Pays-Bas, et ceux des championnats de niveau équivalent à notre Jupiler League...Quelques noms en serait sorti comme ceux d'Ariel Jacobs, de Franky Vercauteren, de Michel Preud'homme, de Böloni, de Peter Maes, de Frank De Boer., entre autres....Mais perdaf, qui est l'heureux élu, Georges Leekens! Qui se pose là en matière de palmarès: vierge depuis 20 ans! Autant dire qu'on est loin du profil recherché, surtout qu'avec ses 63 printemps, on ne peut pas non plus le ranger dans la catégorie des jeunes qui montent....
Cette nomination a quelques de chose d' intriguant et de rassurant à fois. Intriguant tout d'abord, car malgré le manque de résultats de Mac The Knife, et son incroyable penchant pour les coups de couteaux dans le dos (Excelsior, Courtrai, Diables Rouges...), un type aussi sensé, terre à terre, et près des chiffres que Verhaeghe se fait berner par ses boniments. Car Leekens, c'est la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf . Il parade, il pérore, mais il ne gagne pas. Il ne gagne jamais. A l'entendre, il a fait plus pour le football belge en deux ans à la maison de verre que les coachs fédéraux des 30 dernières années. Dans les faits, les coachs des 30 dernières années, et l'ensemble de l'Europe du foot se demandent pourquoi nous n'étions pas en Pologne et en Ukraine!
Loin de moi l'idée de noircir la tableau. Leekens a des capacités et pour une bonne douzaine des clubs de notre élite, le choisir, c'est l'assurance de faire une bonne saison. Pas une très bonne, mais une bonne saison. Les fanas de Long Couteau m'attaqueront sur le palmarès en disant que durant toutes ces années, il n'a jamais été aux manettes d'un des grands du pays. Juste! Mais Peter Maes a gagné la Coupe de Belgique avec Lokeren, là ou Leekens n'a rien gagné. Mais Preud'Homme a également gagné la Coupe de Belgique avec La Gantoise, là ou Leekens n'a également rien gagné. Et que dire des perfs tels que la victoire en Coupe de Belgique de Jacobs avec La Louvière en 2003, le titre en 2011 pour Genk et Vercauteren! Aucun exploit de ce genre à l'actif de Georges! Jacobs et Vercauteren, pour ne citer qu'eux, ont connu des moments difficiles avec la presse, malgré les bonnes performances. Tonton Georges, lui, s'éclate avec la presse. En interview, il se régale, il sourie, il pavane, il est le roi.
D'un bon mot, d'un clin d’œil, il transforme une défaite à domicile en une victoire à l'extérieur. En un tournemain, après une défaite 3-1 bien tassée en Allemagne, il affiche ses diables comme les seuls a avoir fait douter la Mannschaft durant 30 minutes depuis 2 ans... Impardonnable grande gueule! Quand j'écoute une intervention à la TV de Leekens, je bois le miel de ses paroles. Je souris béatement à ses sourires, je perds toute subjectivité et je lui pardonne tout ses sales coups. On lui donnerait le bon dieu sans confessions, d'ailleurs on l'a fait en le mettant à la tête des diables. C'est pourquoi, comme je le disais plus haut, sa nomination à Bruges est également rassurante. Car le type est sympa, et se dire que mêmes les puissants comme Verhaeghe se font pigeonner, oui... je trouve que ça a quelque chose de rassurant...
jeudi 9 décembre 2010
Génération perdue
Récemment dans l'article "Back in USSR", je profitais du dernier amical de nos diables pour faire un état des lieux démographique du groupe. Aujourd'hui, je pousse plus loin l'analyse dans la même veine.
Piqure de rappel. Ce 17 novembre, Leekens alignait Jean-François Gillet (31 ans), Kompany (24), Van Buyten(32), Vertonghen(23), Ciman(25), Simons(33), Defour(22), Fellaini(23), Hazard(19) , Dembelé(23) et Romelu(17). Je ne reviens pas sur la jeunesse de notre équipe et son manque d'expérience, mais je souhaite tout de même apporter un autre coup de projecteur sur ce groupe. On peut très clairement le scinder en deux sous-groupes: les Olympiques et les briscards. D'un côté donc, la génération des jeunots pékinois, et de l'autre nos trois trentenaires. Jusque là, rien d'exceptionnel me direz vous. Sauf que les amateurs de géographie auront compris la singularité de la pyramide des âges de l'équipe. Elle a un gros trou au milieu. En d'autres termes, elle est scindée en deux parties distinctes, car, aucun des protagonistes n'a entre 26 et 30 ans.
Cette originalité n'a pas qu'un vague intérêt statistique. Sur le terrain, ca signifie que c'est une génération entière qui était absente ce jour-là. Quand on sait que, d'une façon générale, un athlète est au sommet de sa forme physique durant la même période 25-30 ans, on peut en conclure que, en théorie, nous étions privé de nos forces les plus vives....
Peut-être s'agit-il là d'un hasard ponctuel et fruit de d'un concours de circonstances? Vérifions. Pour garnir le banc et compléter le groupe ce jour-là, MacTheKnife avait opté pour Alderweireld, Legear, Lombaerts, Mignolet, Mirallas, Odidja, Ogunjimi, Vossen, Pocognoli, Proto, Vleminckx et Witsel. Avec ses 27 ans, Silvio Proto est donc bien le seul représentant de cette génération dans tout le groupe! Et sans faire offense à son talent, avec seulement 12 sélections au compteur, Silvio n'a, pour l'instant, joué que les accessits, et doit sa sélection à la méforme de Logan Bailly.
Peut-être nous sommes nous privés par choix ou par crainte de blessures de plusieurs éléments pour cette amical sans enjeu? Vérifions. D'un clic, je me parachute sur footbel.be pour consulter la liste des internationaux en activité(+- 80 joueurs). Dans mes filets, je retrouve 22 joueurs présentant à l'état civil un âge entre 26 et 30 ans. Soit à peine 25% de l'ensemble des diables rouges en activité. En oubliant les joueurs qui ont fait des apparitions anecdotiques(moins de 10 caps), on ne retrouve plus que douze Diables! Schiterrend, hé!
Voici, le 4-3-3 de la génération perdue des Diables Rouges: Proto (ou Stijnen) entre les piquets, en défense et de gauche à droite Deschacht, Vandamme, Swerts, Gillet. Dans l'entrejeu, Mundingayi et Geraerts forment la base du triangle, Thomas Buffel au sommet du triangle alimentent les attaquants: Vandenbergh, Pieroni, et Huysegems. Bien entendu, cette sélection est purement spéculative. Mais tout de même. Il s'agit là d'une génération entière qui n'a pas su prendre les rênes en équipe nationale entre 2002 et 2010. Et c'est aussi, probablement dans ce 4-3-3 là qu'il faut trouver les raisons des échecs successifs de nos diables durant la même période.
mercredi 22 septembre 2010
La saison rouche de Benteke
Une fois le départ d' Aloys Nong devenu inévitable, les dirigeants malinwas se devaient de trouver une solution offensive. Il s'agissait bien là d'une véritable obligation, vu l'absence d'autres attaquants dans l'effectif ,aussi, le staff des "yellow and red" a su la jouer fine en incluant dans la transaction le grand Christian Benteke.
Une fois de plus, la vérité d'un jour n'est pas celle du lendemain en football. Si le néo-international avait rejoint les bords de la Dyle durant le mercato, tous auraient applaudi des deux mains le joli coup des malinois. Dans les dernières heures du 31 août, c'est plutôt un indésirable que le Standard a refourgué. Et pourtant, au sortir d'une belle saison avec Courtrai, Benteke semblait promis à un bel avenir chez des rouches enclins à laisser leurs chances aux jeunes pousses talentueuses. Mais pour le coup, après seulement cinq matchs de compétition, D'Onofrio et consorts s'assoient sur le politique de jeunes, et tape dans leur fameux "trésor de guerre" pour combiner les arrivées simultanées de Nong, Leye et Tchité.
On connait la raison invoquée, ou tout du moins ce qui a amené le départ de Benteke: son inefficacité devant le but depuis la reprise. L'argument est de poids: un attaquant qui n'en mets pas un minimum au fond des filets dans toutes les équipes du monde, il se retrouve sur le banc (où à la buvette pour les plus chanceux d'entre eux). Sauf que...sauf que l'incorrigible petit curieux que je suis ne peux s'empêcher de se poser des questions. En un mot comme en cent : le grand Christian est- il devenu....mauvais??
Je pars donc à l'analyse des prestations 2010-2011 en bord de Meuse de Benteke, c'est pas les travaux d'Hercule, il n'a joué que 5 matchs. Commençons par un rapide état de lieux, il se passe quoi durant l'été à Liège? Il y a des départs, ok! Qui ca? Jovanovic, Mbokani, et De Camargo..ah oui tout de même! On ne peut donc pas vraiment dire que Benteke arrive dans un secteur offensif qui ait atteint, mesdames, messieurs, sa vitesse de croisière. Pour faire oublier le susnommé trident offensif, il fallait peut-être avoir les épaules un peu plus large que l'ami Christian du haut de ses 19 ans. Les supporters rouges ont connu caviars et champagnes ces derniers temps, aussi les attentes sont grandes, trop grandes. En ce début de saison, de nombreux consultants et journalistes s'inquiètent de la Lukaku-dépendance à Anderlecht. Si le pression est énorme sur ce gamin de 17 ans, il peut néanmoins compter d'une part, sur la confiance, le soutien, et l'habile gestion des médias de son club qui le protège au maximum. D'autre part, le petit Romelu à lors de son éclosion pu compter sur des éléments talentueux et routiniers comme Boussoufa, Legear et Suarez pour le servir au mieux en zone de finition. Force est de constater que Benteke n'a pu compter ni sur le soutien de son club, ni sur de solides compères d'attaques! Alors si Romelu a 17 ans, n'oublions pas que Christian n'en a que 19. Si le talent n'attends pas le nombre des années, et Benteke en a beaucoup, Anderlecht a compris qu'un jeune joueur doit être entouré dans les bons comme les mauvais moments. Le Standard ne l'a, pour le coup, pas compris.
Dans le même ordre d'idée, le néo-diable n'as pas vraiment été mis dans la ouate sur le terrain. Les tactiques à dimensions variables du "garagiste" l'ont successivement associé à Bokanga ( Zulte Waregem), Cyriac( au Lierse et contre Lokeren), puis aligné seul en pointe à Saint-Trond. Difficile de trouver des automatismes dans ces conditions. Au sortir d'une saison décevante, les changements tactiques systématiques ne semblent pas vraiment la meilleure manière d'amener des certitudes et de dégager en touche les nombreux doutes d'une très jeune équipe. Des méthodes situées à des années lumières de la confiance et l'expérience qu'insufflait Leekens à ses protégés. A Courtrai chacun connaissait, son rôle sur le bout des doigts, ce qui a permis au club de terminer au pied du podium et de révéler les talents de Benteke et Ciman, entres autres.
Si le Standard avait probablement besoin de renfort en attaque, il est triste et dommage que ca soit au détriment de Benteke. En jouant le coup de la sorte, le jeune attaquant a non seulement pris un sérieux coup de poignard dans le dos, mais est apparu comme bouc émissaire du piètre début de saison. Dorénavant, en tant que seul atout offensif du FC Malines, l'attaquant pourra engranger les matchs et la confiance, et, je l'espère prouver, à nouveau, à tous, que non il n'est pas....si mauvais!. Mais pourquoi lui souhaiter autant de bien? Car dans la perspective où Leekens installe un système de jeu pérenne avec les diables, Christian Benteke me semble le meilleur remplaçant de Lukaku.. Je dis bien remplaçant, pas complément, car s'il n'a pas tout à fait le même profil, il permet de conserver(on y revient!) le même schéma tactique en cas de blessure d'un Lukaku encore fragile. Et çà, au vu des derniers matchs des diables, je suis sûr que Long Couteau(on y revient aussi!) l'envisage depuis longtemps déjà...
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