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jeudi 6 juin 2013

Voilà pourquoi il ne faut pas écouter Rodrigo Beenkens!

Source: Rtbf.be

L'immense Rodrigo Beenkens écrivait ce 20 mai, au lendemain du 32ème titre des mauves, une chronique très péremptoirement intitulée "Voilà pourquoi il faut arrêter les playoffs" sur le ouèbe ertébéen. Malgré l'énorme respect pour un des plus grands journalistes sportifs contemporains, ou plutôt à cause de l'admiration que je lui porte, je réagis. Un peu de craie blanche sur un tableau si noir.

Beenkens entame sa brève dissertation par une question: Comment expliquer notre système actuel à des étrangers? La question est légitime. En effet, le petit monde du football a depuis quelques années les yeux braqués sur notre beau pays. Au bar du club all-inclusive où vous passez vos vacances,  un allemand en tongues et chaussettes blanches, ou un anglais rougeaud et tatoué jusqu'au oreilles, ou bien encore le serveur espagnol vous interpelle et pose les constats suivants. Vos Diables Rouges ont progressé de la 66ème place au classement FIFA à la 12ème place en 4 ans(2009-2013). Comme par miracle, la Pro League qui ne plaçait plus d'équipe dans les poules de Champions League depuis 10 ans y figure depuis 3 ans.  Par un coup de baguette magique, une compétition qui bradait ses meilleurs joueurs pour deux Snickers et un Mars, négocie aujourd'hui à partir de 8 millions d'euros. Se faisant, dans une Europe traversant une crise économique profonde, le plat pays a vu, sans intervention qatarie, ses principaux clubs engranger des bénéfices à 7 voir 8 chiffres. Jens, John et Javier vous posent la même question :  Vous avez changé quoi depuis 2009? Et vous vous entendez répondre, incrédule peut-être: On a réformé le championnat...

Poser comme ceci, mon raisonnement se résume à dire que la réforme du championnat a généré le glorieux niveau actuel de nos Diables. Bien entendu, j'entends vos soupirs, cette conclusion ridiculise mon développement. Prétendre que les playoffs ont accouché seul d'un si bel enfant est absurde. Grotesque.

Mais d'un autre côté, affirmer que la refonte de la compétition n'a eu aucune influence de près ou de loin me semble, sorry Rodrigo, tout aussi inepte. La théorie de la "Génération Dorée" qui attribuerait aux seuls dieux du foot le talent de nos diables ne tient pas la route. Qu'on remercie le ciel et le hazard de s'être penché sur le berceau de l'un ou l'autre, passe encore. Mais pas quand nous alignons 10 ou 12 top-players. Des talents fous égayent chaque ligne de l'équipe, et ce n'est pas juste l'une ou l'autre superstar qui fait parler de nous hors de nos frontières.  Le type chez Panini qui devra choisir le diable à la vignette brillante dans l'album Copa Do Mundo Brazil 2014 va se gratter la tête. Mon constat va à l'encontre des idées mainstream répandues par Beenkens dans sa chronique, et s'oppose à l'air du temps fait, et défait, par les docteurs es football. Mon constat risque même de les blesser, des les torturer, aussi je prends de très grosses pincettes. Attention ça va faire mal. Je prétend que: éventuellement peut-être, sous certains points de vue, certains observateurs, peuvent, possiblement, émettre l'hypothèse d'une façon très générale que le niveau de notre football a progressé depuis la mise en place du nouveau système. Aie. C'est d'ailleurs, ce que nous disent, quand on veut bien les entendre, les étrangers à qui Rodrigo s'explique. Pas besoin de Jens, John et Javier pour enfoncer des portes si grandes ouvertes. Les colonnes de nos journaux encensent les diables matchs après matchs, au fil des semaines.

Néanmoins, peu ou prou admettent, par manque de discernement, par manque de clairvoyance, une quelconque influence de la réforme sur l'embellie. Bien sûr, la réforme n'est pas la raison, mais bien une des raisons. L'Histoire rendra grâce à Yvan De Witte.

Une telle révolution a de facto impacté nos clubs et leurs joueurs. Un exemple comme un autre. Le parcours psycho-dramatique du RSCA dans les PO1, je parle ici du pétage de plombs de VDB contre Monsieur Boucaut, de l'interruption des entraînements par les "supporters", et de l'intervention du sophrologue-professeur de danse John Troost, fait preuve. Indéniablement, cette épopée laissera des traces dans les esprits, les joueurs ont gagné en vécu. En s'extirpant malgré tout du mauvais pas, le groupe Mauve émerge grandit de l'histoire. CQFD.

Sans les PO1, Anderlecht savourerait probablement déjà son titre depuis belle lurette. Dans les championnats dits classiques, nous voyons tous arriver de loin les lauréats, méritant par ailleurs,  du Bayern, du PSG, de Manchester et du Barça. Les duels au finish entre deux cadors sont, qu'on le veuille ou non, l'exception. Avoir 4 prétendants au titre à 3 journées de la fin, apporte(pourquoi le nier?) un surplus de tension, un ajout de suspens, un je-ne-sais-quoi de valeur ajoutée à nos jolis mois de mai. Pour moi, supporter, comme pour les joueurs. Par quelle gymnastique de l'esprit peut on alléguer que la succession des matchs à enjeux en Bundesliga, en Premier league ou en Liga permet de passer un cap, et d'un autre côté, que chez nous, terminer les festivités par dix matchs-couperets tire nos joueurs vers le bas?

Notons par ailleurs, que l'une des différences notables entre l'ère Vandereycken et l'ère Wilmots se situe probablement dans l'origine des joueurs utilisés. Sous René, par choix, par dépit, ou par exotisme, les joueurs formés à l'étranger avait la part belle. Sous son règne, la mode était au made in Oranje (Vermaelen, Dembelé, Vertonghen, Swerts, Maartens, Tom De Mul), voir au Made in La France ( Hazard, Mirallas). Depuis 2009, la tendance s'est inversée. Dans le groupe élargi de Marc Wilmots, de nouvelles pousses ont fleuri. Courtois, Mignolet, Kaminski, Thorgan Hazard, Benteke, Lukaku, Lestienne et Vossen. Pas si mal comme moisson, pour une réforme si stérile. Un proverbe danois nous dit :"On ne moissonne pas du bon blé d'un mauvais champs".

La preuve de l'impact des playoffs étant faite, et attendu que nombreux sont ceux qui en font le procès, écoutons les arguments de chacun. Dans le rôle du procureur, Rodrigo Beenkens mentionne dans sa chronique un réel embrouillamini dans les règlements, les deux matchs de plus du Standard face à La Gantoise avant l'affrontement décisif pour le dernier ticket européen, et notre absence printanière en Europa League. Son réquisitoire se termine comme il l'a commencé: il faut arrêter avec les playoffs! Sur le banc de la défense, j'aligne 3 défenseurs en ligne, tactique osée s'il en est. Trois soutiens de votre connaissance, Jens, John et Javier. Je ne copie-colle pas leurs constats d'ici plus haut, mais je résume. Depuis 2009, nos joueurs ont progressés, leurs valeurs marchandes ont explosé et nos principaux clubs s'enrichissent en les marchandant, et en pérennisant leur présence en CL. Nos Diables impressionnent individuellement depuis quelque temps déjà, et collectivement depuis l'arrivée de Willy.


A vous de juger.




vendredi 17 août 2012

L'homme qui ne valait pas 3 milliards




Steve Austin valait 3 milliards, il était l'homme qui valait 3 milliards. Pas 1.8 milliards, pas 3.6 milliards. 3 milliards. Pendant 4 saisons et 99 épisodes, Austin a vécu pas mal de déboires et d'aventures, mais il a toujours pu se baser sur une saine certitude: il valait invariablement 3 milliards.

Tout le monde ne peut pas en dire autant. Un héros d'un autre temps, un héros de notre temps n'as pas la légitime chance de connaitre sa valeur. Au fil des saisons et des épisodes, il vaut successivement 100.000 euros, 500.000 euros, 300.000 euros, 1.200.000 euros et enfin 2.500.000 euros. Jérémy Perbet doit être bien jaloux de Steve Austin.

Voici 18 mois, l'attaquant français valait peanuts au Daknam, les productions Maes-Lambrechts n'avait produit que 5 petits épisodes de ses aventures. Ça fait peu pour montrer ses super-pouvoirs. Heureusement pour lui, les productions Van Wijk-Leone croient  un peu plus en lui. Ils proposent 100.000 pour racheter les droits. Que nenni, Lokeren veut 500.000!  L'affaire est proche de capoter et Perbet se lamente dans la presse...Lokeren est trop gourmand, il a terriblement envie de rejoindre Mons, quelle terrible injustice que de le laisser moisir dans les limbes du banc et de tribunes Oost-flandriennes! Il est clair: il ne vaut pas 500.000 euros!

Au final, les dragons ouvrent le porte-monnaie et allonge 300.000 euros. Bingo! L'investissement est rentable, le ponot poursuit sur sa lancée de 2011 et enfile 25 perles en 2011-2012.  Le buteur réalise sa meilleure saison, il est à la première place du box-office des buteurs. Le public montois, les dirigeants montois, tout le monde est content.

Non pas tout le monde. Le striker, n'est pas content. C'est un héros mécontent. Pourquoi? Car, Mons est trop gourmand (défaut décidément très répandu chez les pensionnaires de Jupiler League). La Parma veut que le buteur viennent sauver le monde du côté du Stade Ennio-Tardini. Mais,  les protagonistes ne sont pas d'accord. Les parmesans proposent le million,  Mons en veut deux et demi. Se joue alors une comedia dell arte  toute italienne. Leone enfile le masque du bluffeur et prétend avoir une offre du Standard à 2.2 millions. Bugiardo! Dans ces condtions, l'intérêt des transalpins s'étiolent, et Perbet joue les vierges effarouchées. "On m'avait promis de me laisser partir en cas d'offre raisonnable" se plaint-il dans la presse...

Las...la valeur d'une parole d'homme dans le milieu de foot ne vaut pas tripette. Rappelons nous, à ce sujet, la décevante mésaventure de Roland Duchatelet et Saint-Trond en janvier 2010.  Les canaris croyaient avoir trouvé un buteur patenté, le joueur avait même promis de signer chez eux. Mais hélas, 3 milliards de fois hélas, le joueur n'a pas tenu sa promesse, et dans les heures qui suivaient, paraphait à Lokeren provoquant l'ire et le dégout du président Duchatelet. Mais comment s’appelait ce joueur? Ah oui....c'était Jéremy Perbet. Ce héros pas fiable....pour un sou, et mécontent. Mécontent, car oui, vraiment, il est catégorique: il ne vaut pas 2.500.000 euros!

En 1974, la médecine donnait des jambes, des bras et un oeil bionique à Steve Austin. En 2012, la médecine donne un arrêt de travail à Jérémy Perbet. Pour le progrès, on repassera.  Le buteur est blessé dans son for intérieur, et a un médecin conciliant. En effet, à l'en croire, le RAEC Mons est un goulag moderne, un Alcatraz hennuyer! Mais qu'ils sont vilains les dirigeants montois! Eux qui ont été le chercher dans la tribune du Daknam pour lui donner un beau salaire, l'occasion de jouer au football toute la journée, et de montrer à tous ses talents. Austin et ses amputations connaissait bien mieux la valeur d'une main tendue. Ah ...Perbet, ce héro mécontent, peu fiable et terriblement ingrat.

Dans les travées du Tondreau, il y a des types qui se prénomment Carlo, Luigi ou Mario. Des types fiers, travailleurs, ombrageux. Des types qui bossent dur, dans des usines qu'ils n'aiment pas. D'ailleurs, parfois ils n'aiment pas leur boulot non plus. Mais au moins, ils en ont un, c'est pas si mal. Ça leur permet de se payer, en sacrifiant un week-end à la mer, ou un resto en famille, un abonnement au stade Tondreau.
En espérant y rêver un peu, en regardant leur équipe affronter les ténors. En regardant Jérémy Perbet, et ses buts à répétition. Ce joueur de football, ce type qui a un boulot en or. Comme ses collègues, pas plus, pas moins, il est payé beau et cher pour prendre le bon air et faire du sport toute la journée. Avec un staff de quinze personnes le soignant, veillant à bien lui préserver des plages de repos. Au même moment, Carlo, Luigi et Mario se battent avec le haut fourneau. Et si jamais, ils leur prenaient l'envie de brosser le boulot ne serait ce qu'une petite heure, quand Perbet fait l'impasse sur 15 jours, ils décrocheraient un joli trophée, un c4. Mais voilà, eux, ils sont du mauvais côté de la pompe à fric. Carlo and co pompent, Jérémy raplique. Ce héros mécontent, peu fiable, ingrat et irrespectueux.

Perbet ne vaut pas 2.500.000, pas non plus 1.200.000, ni 500.000, ni 300.000, ni même 100.000. On ne sait pas ce qu'il vaut, mais on sait ce qu'il ne vaut pas: Carlo, Luigi et Mario ferait mieux de chercher un nouvel héros...



mercredi 8 août 2012

Grande gueule!


Au moment de s'étendre sur les ambitions de son Club de Bruges, Bart Verhaeghe est très clair. Le titre, le titre et le titre! Le président brugeois est issu du milieu des affaires et sait arriver à ses fins. Quand il veut, il peut. Dans le monde froid des affaires, dans le monde de requins des entrepreneurs, Verhaeghe a fait son trou au point d'atteindre le top 100 des belges les plus fortunés... à seulement 46 ans.

Mais au delà du financier, Verhaeghe est un homme. Un homme avec un coeur qui bat, qui bat pour le Club de Bruges dont il est fan depuis toujours. Alors en 2010 quand il a l'occasion, et les moyens, de rentrer dans la direction du club, il n'hésite pas: il fonce! Un an plus tard, il remplace déjà Pol Jonckheere au poste de président, et se lance dans la professionnalisation à outrance. Les méthodes qui ont fait de lui un entrepreneur à succès sont  copiées/collées au FCB. Les campagnes de recrutements se font plus ambitieuses, on recrute de l'international avec Hogli, Rafaelov, Zimling. On recrute également au FC Barcelone avec Vazquez, ou encore des serials buteurs avec Vleminckx, Tchité, Bacca. Et quand, Koster s’essouffle à la tête de l'équipe, Verhaeghe va chercher un nom, Christoph Daum. Ça faisait longtemps qu'on avait plus vu un calibre comme ça en Belgique!

Mais le teuton ne fait pas de vieux os en Belgique, et il faut partir à la recherche d'un nouveau cador. Imaginons un instant, le profil-type qu'un club comme Bruges dessine pour le costume de T1.... Ou plutôt, imaginons un instant, comment un businessman comme Verhaeghe établirait le CV idéal.

Dans le monde de l'entreprise, quand une firme cherche à pourvoir un poste, que cela soit magasinier ou directeur des ventes, une expérience assortie de résultats dans le domaine est bien souvent exigée. D'autant plus quand l'entreprise émarge du top dans son rayon, un challenger peut prendre des risques, pas un leader. Dès lors, quand le Club de Bruges cherche un coach, on peut s'attendre que l'heureux élu ai un palmarès bien rempli. De nombreuses coupes qui montrent à tous que le bonhomme est capable de garnir l'armoire à trophées.  Si on cherche un candidat pour gagner le Tour de France,  on n'engage pas le 17ème du Tour d'Algarve, mais plutôt le triple vainqueur du Giro! D'autant plus quand on est prêt à payer le type 1.2 millions d'euros par an!

Dès lors, si j'étais dans le CA du FCB, je me serais mis à éplucher les palmarès en Belgique, aux Pays-Bas, et ceux des championnats de niveau équivalent à notre Jupiler League...Quelques noms en serait sorti comme ceux d'Ariel Jacobs, de Franky Vercauteren, de Michel Preud'homme, de Böloni, de Peter Maes, de Frank De Boer., entre autres....Mais perdaf, qui est l'heureux élu, Georges Leekens!  Qui se pose là en matière de palmarès: vierge depuis 20 ans! Autant dire qu'on est loin du profil recherché, surtout qu'avec ses 63 printemps, on ne peut pas non plus le ranger dans la catégorie des jeunes qui montent....

Cette nomination a quelques de chose d' intriguant et de rassurant à fois. Intriguant tout d'abord, car malgré le manque de résultats de Mac The Knife, et son incroyable penchant pour les coups de couteaux dans le dos (Excelsior, Courtrai, Diables Rouges...), un type aussi sensé, terre à terre, et près des chiffres que Verhaeghe se fait berner par ses boniments.  Car Leekens, c'est la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf . Il parade, il pérore, mais il ne gagne pas. Il ne gagne jamais. A l'entendre, il a fait plus pour le football belge en deux ans à la maison de verre que les coachs fédéraux des 30 dernières années. Dans les faits, les coachs des 30 dernières années, et l'ensemble de l'Europe du foot se demandent pourquoi nous n'étions pas en Pologne et en Ukraine!

Loin de moi l'idée de noircir la tableau. Leekens a des capacités et pour une bonne douzaine des clubs de notre élite, le choisir, c'est l'assurance de faire une bonne saison. Pas une très bonne, mais une bonne saison. Les fanas de Long Couteau m'attaqueront sur le palmarès en disant que durant toutes ces années, il n'a jamais été aux manettes d'un des grands du pays. Juste! Mais Peter Maes a gagné la Coupe de Belgique avec Lokeren, là ou Leekens n'a rien gagné. Mais Preud'Homme a également gagné la Coupe de Belgique avec La Gantoise, là ou Leekens n'a également rien gagné. Et que dire des perfs tels que la victoire en Coupe de Belgique de Jacobs avec La Louvière en 2003, le titre en 2011 pour Genk et Vercauteren! Aucun exploit de ce genre à l'actif de Georges! Jacobs et Vercauteren, pour ne citer qu'eux, ont connu des moments difficiles avec la presse, malgré les bonnes performances. Tonton Georges, lui, s'éclate avec la presse. En interview, il se régale, il sourie, il pavane, il est le roi.

D'un bon mot, d'un clin d’œil, il transforme une défaite à domicile en une victoire à l'extérieur. En un tournemain, après une défaite 3-1 bien tassée en Allemagne, il affiche ses diables comme les seuls a avoir fait douter la Mannschaft durant 30 minutes depuis 2 ans... Impardonnable grande gueule! Quand j'écoute une intervention à la TV de Leekens, je bois le miel de ses paroles. Je souris béatement à ses sourires,  je perds toute subjectivité et je lui pardonne tout ses sales coups.  On lui donnerait le bon dieu sans confessions, d'ailleurs on l'a fait en le mettant à la tête des diables. C'est pourquoi, comme je le disais plus haut, sa nomination à Bruges est également rassurante. Car le type est sympa, et se dire que mêmes les puissants comme Verhaeghe se font pigeonner, oui... je trouve que ça a quelque chose de rassurant...


jeudi 11 novembre 2010

Offre d'emploi

Mes indispensables recommandations non-sollicitées pour le football belge.(1)


Puisque de toutes façons, tout le monde a un avis, et que de toutes façons, j'aurais bien tort de le garder le mien pour moi, alors je me lance dans la sauvetage du sport-roi. Propostion numéro uno.

Je me souviens d'avoir été marqué dans ma jeunesse par une info, un peu surannée de nos jours: dans notre beau pays, les diables rouges ayant porté 35 fois la vareuse rentrent gratuitement dans tous les stades du royaume. J'étais émerveillé par ce merveilleux passe-droit, et envieux à l'idée de pouvoir poser ses fesses à discrétion dans les gradins de son choix.

20 ans plus tard, je suis adulte. Je suis toujours fan de foot, mais j'ai perdu un peu de l'enchantement d'alors. Aujourd'hui, quand je pense aux places gratuites pour nos ex-diables rouges, je trouve qu'au contraire, c'est bien irrévérencieux que de les envoyer en tribunes. Car voilà ce que l'on fait, on les envoie en tribunes, avec les joueurs surnuméraires, les blessés, les espoirs, les coachs punis et les observateurs de la CCA.
Pour services rendus à la nation, on les dépêche de l'autre côté de la frontière. La frontière qui divise en deux le monde du ballon rond, celle qui sépare le terrain des tribunes, celle qui dissocie ceux qui jouent et ceux qui regardent. Tu parles d'une récompense. J'illustre par comparaison. Exempter nos vieilles gloires de frais d'entrée, c'est donner des places de cinémas à Robert De Niro, c'est refiler gracieusement une carte de membre au parti démocrate à Clinton, c' est inviter Nicolas Hulot à Nausicaa, c'est porter de l'eau à la rivière.

Mais tout d'abord, qu'est ce que ca veut dire, in fine, avoir le dépasser le cap des 35 caps?  Dans l'histoire du football belge, 90 joueurs y sont parvenus depuis le recordman de sélections Jan Ceulemans (99) jusqu'au ptit dernier à y être arrivé, Vincent Kompany. Pour parvenir à ce total, il faut bien sûr avoir du talent mais pas seulement! 35 sélections, ca signifie avoir brillé durant plusieurs saisons et être parmi les meilleurs à son poste durant autant de campagnes. On a connu des étoiles filantes bourrées de talents, qui en faisant des mauvais choix sportifs, ont très vite compromis leur carrière. Choisir la bonne trajectoire, c'est aussi le signe d'un grand joueur. Quand on veut arriver dans les beaux quartiers de Londres, il vaut souvent mieux prendre l'omnibus qui s'arrête à Bruxelles puis à Amsterdam, plutôt que de prendre le TGV direct vers les faubourgs de la City. Sous peine de connaître un retour à très grande vitesse.  Ensuite, pour durer et devenir une figure de notre équipe nationale,  il faut aussi toujours se remettre en question, et continuer à séduire les coachs successifs, à séduire dans les schémas tactiques successifs. Plus difficile qu'il n'y paraît, demandez à Stijnen!
Alors, si un profiler de monster.be lisait ce billet, il conclurait: Talentueux, intelligent, ambitieux et travailleur.

C'est là que ma recommandation intervient. Au lieu d'envoyer (gratuitement) des gens talentueux, intelligents, ambitieux, et travailleurs s'assoir dans les loges, je propose à notre fédération d'offrir obligatoirement un contrat à ces internationaux en fin de carrière. A l'heure ou je vous parle, les anciens grands joueurs ont quasiment disparu de l'organigramme de la fédé, tant au niveau de la direction technique, qu'au niveau des entraineurs de jeunes! Bien entendu, certains ne seraient pas intéressés, certains auraient des propositions plus lucratives et d'autres encore préféraient se lancer à la tête d'un club, dans le privé.  Mais pour les autres, quelle meilleure écolage pour faire ses armes, et quelle meilleure vitrine pour montrer ses qualités, que de diriger un sélection nationale? J'illustre par l'exemple. Qui doute encore des qualités de Jean-François de Sart aujourd'hui?

Si un footeux termine généralement sa carrière entre 32 et 35 ans, les cercles de notre élite sont généralement peu enclins à faire confiance à un coach de moins de 40 ans. Alors que faire dans l'intervalle? Il reste l'alternative de descendre dans les séries pour diriger une équipe de d2, d3 ou pire encore. Quelle gageure! Arriver à obtenir des résultats dans des conditions délicates, dans des infrastructures misérables et dans des conditions financières aléatoires, reste le meilleur moyen de se casser la gueule et de perdre tout crédit. Non, je persiste, offrons l'occasion à nos diables de rendre au foot ce que le foot leur a donné.

En intégrant les internationaux, peut-être arriverons nous à éviter à l'avenir de sombrer dans le ridicule. Quel ridicule? Devoir poster un annonce pour trouver un secrétaire général de fédé, peut-être....?

mercredi 27 octobre 2010

Biopsie


Comme pas mal de footeux, quand le boulot me le permet, je passe mon lundi soir devant Studio 1- La tribune. Si la plupart du temps, une bonne dose de foot suffit à contenter l'accro que je suis, ce ne fût pas le cas ce lundi. L'émission m'a  laissé un goût amer en bouche, et j'ai remâché des idées sombres jusque tard. Morphée dut se battre contre une très désagréable impression d'avoir été pris en otage par Mogi Bayat. Mogi Bayat a violé ma passion du foot lundi soir.

Dans une parodie d'interview, ce détestable vaniteux nous a servi une soupe aigrelette. En essayant de nous vendre une bisque de homard. Piétinant tout ce qui rends le sport admirable et nécessaire, cet horrible fanfaron a successivement nié ses propres échecs et s'est attribué les réussites des autres.  Sans oublier de donner la leçon à ses interlocuteurs, et sans se rendre compte, bien sûr, de leur valeur.  Michel Audiard écrivait dans les "Tontons Flingueurs" : "les cons, ca osent tout, c'est même à ca qu'on les reconnait".  Sauf que lui aussi a, pour le coup, un tonton flingueur.

Le grand utopiste que je suis, est toujours prêt à écouter les déclarations de bonnes intentions,  à donner une seconde chance à ceux qui ne le mérite pas, et à encourager les âmes en peines bourrelées de remords. En commençant par un laïus sur la capacité de changer, de s'améliorer à 25, 30 ou 35 ans, le neveu Bayat, ce pauvre pêcheur, m'a bien roulé. Optimiste, je laisse les protèges' aux vestiaires. Belle feinte de corps, joli dribble, il percute et perce ma défense. Erreur. Je reçois un gros uppercut dans mon amour du futebol, juste entre l'honnêteté et la modestie. Aïe, ca fait mal.

Durant une interview qui semble durer 7 ans et demi, Bayat nie tout, conteste tout, reformule tout, paraphrase tout, contredit tout, disconvient de tout, renie tout, et surtout, ne dis rien.  Les jalons du respect et de la politesse n'étant pas plantés aux mêmes endroits chez tout le monde, il coupe la parole, doute des capacités de compréhension de ses interlocuteurs, remet en question leur déontologie, et monopolise la parole. Pour un pénitent regrettant ses débordements de jeunesse, on a vu plus convaincant. A moins que d'avoir éviter les insultes et les menaces soit déjà, à ses yeux, un gros effort.... Quand durant près de 8 années, on insulte les joueurs, les arbitres, les dirigeants, les journalistes et ses propres supporters, on finit par se trouver bien seul. Car il n'est point de pire solitude que celle du savant parmi les ignorants. L'isolement de Mogi Bayat, détenteur de la vérité, est infini parmi un monde entier de supporters crétins, de journalistes imbéciles, de dirigeants incompétents et d'arbitres-clowns. Mais dans sa tour d'ivoire, Mogi Bayat ne voit pas le gouffre qui le sépare de Michel Lecomte, Benoit Thans, Stéphane Pauwels, Thierry Luthers, Benjamin Deceuninck, et des milliers de téléspectateurs. Ce qui creuse ce gouffre, c'est l'objet de nos passions. Nous vivons pour, par le foot. La passion de Mogi Bayat, c'est Mogi Bayat.

Doué pour voir la paille dans l'œil de son voisin,  ce suppôt népotique réfute toute responsabilité dans la faillite sportive des Carolos. Dans un exercice de contorsionniste, il résume tout à la seule perspective qui lui soit un tant soit peu favorable: le financier. Les carrières, les projets de jeu, les fans, les coachs ne sont plus que des chiffres, des sommes classées dans des bilans comptables. Les actifs ont remplacé les buts et les passifs les cartes rouges. Honnis soient ceux qui veulent faire de l'argent avec le foot, ils tradent les joies, les espoirs, et le soutien des tribunes! Il faut beaucoup d' imagination et un certain don pour l'abstraction pour résumer 8 années de management d'un club de foot à un seul angle: MONEY.  Tandis que le public estime le bilan du manager catastrophique, Mogi  juge être le meilleur manager du Sporting Charleroi entre 2003 et 2010. Tout est une question de point de vue.

Instinctivement, j'ai longtemps espéré une réaction de Michel Lecomte aux provocations de l'aîné des frères. Non dépourvu d'esprit, d'intelligence, et de répartie, Lecomte aurait pu, j'en suis sûr, remettre le caïd à sa place.  Il ne l'a pas fait. Au contraire, le présentateur a encaissé les coups, les insinuations, les insultes à son intelligence et sans sourciller encore. Au final et à froid, je tire mon chapeau. L'attitude du rédac' chef était la bonne, le capitaine a tenu la barre. Face à des attaques de cette bassesse, ignorer les sous-entendus était la bonne solution car y répondre c'était s'abaisser au niveau de l'adversaire. Lecomte n'a pas pris de direct du gauche, ni de crochets de droit, il a juste pris des croches-pieds et des coups dans le dos, c'était désagréable mais révélateur sur la nature de l'agresseur. Comme une biopsie , c'était douloureux mais nécessaire pour révéler la présence d'une tumeur.

mardi 28 septembre 2010

Crise et post-formation



Le point faible de la formation de nos jeunes footeux est bien connu depuis longtemps. Si les sélections de jeunes de nos clubs se font remarquées régulièrement dans des tournois internationaux, une fois la majorité passée les résultats s'étiolent très, trop rapidement. Durant des années, les spécialistes ont cherché à comprendre ce qui clochait une fois que nos gamins avaient acquis le droit de voter. On avait beau retourner le problème dans tous les sens, personne ne pouvait comprendre la déliquescence des résultats. Alors un jour, un analyste imaginatif a trouvé le problème et a inventé un concept: la post-formation! Le néologisme sonnait bien et fût vite adopté par tous! Personne ne se rendit compte que post-formation, c'est un mot creux, vide de sens comme 4 saisons de Secret Story. Car, cette après-formation qu'est ce que ca veut dire? Ca veut dire que après 18 ans, nos footballeurs en herbe ont terminé leur écolage?Qu'ils n'ont plus rien à apprendre? Qu'au grand âge de 18 printemps le monde entier est à genoux et prêt à admirer leurs dribbles chaloupés? Soyons sérieux, que nenni! A l'âge où ils peuvent enfin arrêter de cirer les bancs de l'école, rien n'est terminé! Que du contraire, tout commence! Une fois trop vieux pour les u-21, ce n'est pas la post-formation qui commence, c'est tout autre chose, c'est une carrière qui débute! Et c'est là que le bât blesse, car pour débuter une carrière faut il encore trouver un club qui fasse confiance à ses jeunes pousses. 

Dans le grand bazar de l'après arrêt Bosman, les cercles de notre élite ont, tels des maris infidèles, trop souvent cherché ailleurs ce qu'ils avaient à la maison. Un métier en vogue, l'agent de joueur, s'est mis à draguer nos FC avec des dvds de milieux gauches croates, de backs droits de CFA, et d'attaquants de pointe hongrois.Convaincus que le 13ème meilleur buteur de D2 danoise est bien meilleur que le topschutter de réserve, nombreux sont ceux qui sont tombés dans le panneau, et à force d'acheter ce dont on n'a pas besoin, on va de tout à rien. Mais heureusement, le deuxième acte vient sauver le football belge.

Les traders yankees jouent aux cons et font sombrer les states puis le monde dans une crise fincancière pas piqué des hannetons. Les multinationales profitent de l'aubaine et licencient à tours de bras, les banques font semblant de mourir et les états sauvent les sous du "petit épargnant" avec l'argent du..."petit épargnant". Le monde du football, ce parfait miroir de la société, trinque aussi. Vous l'aurez compris, on commence à compter ses pépètes et la Jupiler league n'est pas en reste. Bien sûr, les dirigeants reçoivent toujours des piles de Dvds, mais maintenant ils les regardent avant de signer un joueur. Peu à peu, nos adulescents commencent, faute de moyen certes, à trouver une place dans les effectifs pros.

Ce mouvement se fait sentir particulièrement chez les sans-le-sou du championnat, à Mouscron notamment. Après plusieurs années d'une lente descente aux enfers, le club hennuyer qui avait pourtant l'habitude de réaliser de belles trouvailles, se voit contraint de faire la part belle aux jeunes. La moyenne d'âge sur le terrain du canonnier diminue aussi rapidement que l'espérance de vie du club, et.....Oh surprise! On se rend compte, bien trop tard, que le Futurosport est capable d'accoucher de petites merveilles: Guillaume François(18ans), et Maxime Lestienne(17 ans). Au fil des matchs, les deux petits gabarits font le plein de confiance et tourmentent les défenses du royaume. Une fois l'implosion du club enterinée, les deux gamins trouvent sans peine de l'embauche dans de jolies écuries et laissent les supporters mouscronnois à leurs chagrins et leurs questions. Combien de gamins de 18 ans produits par le futuro ont quitté le club, sans avoir pu saisir leur chance pendant toutes ses années?

Mais au sommet de la hiérarchie, le rajeunissement des cadres est aussi une réalité. Après avoir tenté tout le contraire durant des années en offrant des gros contrats à des briscards comme Rapaic, Sa Pinto, ou Leonard; le club prend un virage à 180° en constatant les limites de cette politique. Dehors les papys, et on donne les clefs à Fellaini et compagnie. Le moins que l'on puisse dire, c'est que bien leur en a pris. Le manque d'expérience est largement compensé par trois couches de talents et de motivation, et au final c'est bingo: un titre qui se refusait depuis 25 ans et le plus grand coup de pied dans le cul du foot noir-jaune-rouge depuis 25 ans par la même occasion. Toute le pays regarde l'académie Robert-Louis Dreyfus, et même le grand rival bruxellois se dit que il y a matière à copiage. Après avoir laisser filé Mbokani, Lamah, Tioté, Vadis et consorts, les mauves prennent le taureau par les cornes et changent d'attitude avec Kouyaté et Lukaku. Une fois de plus c'est bingo, Kouyate libère le milieu mauve et Lukaku est copain avec Drogba.

Alors quand l'exemple vient d'en bas et pas seulement d'en haut, nombre d'équipes se sont mis au diapason. Ce week-end, El Ghanassy, Anthuenis,  Courtois, Sterckx, Frans, De Pauw, Tshimanga, Mokulu, Saglik, De Winter, Van Eenoo, D'Haene, Lukaku, Benteke, Van Loo, Buyens, Vadis, Lestienne, François et le benjamin Kaminsky ont eu l'occasion de parfaire leur (post-) formation sur les terrains de la Jupiler Pro League. Ils ne sont pas les derniers à remplir les colonnes de nos journeaux, et notre élite semble se rendre compte que d'offrir des contrats à nos espoirs est un investissement rentable. En parlant d'investissement, et si le scandale de subprimes avait relancé le foot belge?

mercredi 22 septembre 2010

La saison rouche de Benteke


Une fois le départ d' Aloys Nong devenu inévitable, les dirigeants malinwas se devaient de trouver une solution offensive. Il s'agissait bien là d'une véritable obligation, vu l'absence d'autres attaquants dans l'effectif ,aussi, le staff des "yellow and red"  a su la jouer fine en incluant dans la transaction le grand Christian Benteke.

Une fois de plus, la vérité d'un jour n'est pas celle du lendemain en football. Si le néo-international avait rejoint les bords de la Dyle durant le mercato, tous auraient applaudi des deux mains le joli coup des malinois. Dans les dernières heures du 31 août, c'est plutôt un indésirable que le Standard a refourgué. Et pourtant, au sortir d'une belle saison avec Courtrai, Benteke semblait promis à un bel avenir chez des rouches enclins à laisser leurs chances aux jeunes pousses talentueuses. Mais pour le coup, après seulement cinq matchs de compétition, D'Onofrio et consorts s'assoient sur le politique de jeunes, et tape dans leur fameux "trésor de guerre" pour combiner les arrivées simultanées de Nong, Leye et Tchité.

On connait la raison invoquée, ou tout du moins ce qui a amené le départ de Benteke: son inefficacité devant le but depuis la reprise. L'argument est de poids: un attaquant qui n'en mets pas un minimum au fond des filets dans toutes les équipes du monde, il se retrouve sur le banc (où à la buvette pour les plus chanceux d'entre eux). Sauf que...sauf que l'incorrigible petit curieux que je suis ne peux s'empêcher de se poser des questions. En un mot comme en cent : le grand Christian est- il devenu....mauvais??

Je pars donc à l'analyse des prestations 2010-2011 en bord de Meuse de Benteke, c'est pas les travaux d'Hercule, il n'a joué que 5 matchs. Commençons par un rapide état de lieux, il se passe quoi durant l'été à Liège? Il y a des départs, ok! Qui ca? Jovanovic, Mbokani, et De Camargo..ah oui tout de même! On ne peut donc pas vraiment dire que Benteke arrive dans un secteur offensif qui ait atteint, mesdames, messieurs, sa vitesse de croisière. Pour faire oublier le susnommé trident offensif, il fallait peut-être avoir les épaules un peu plus large que l'ami Christian du haut de ses 19 ans. Les supporters rouges ont connu caviars et champagnes ces derniers temps, aussi les attentes sont grandes, trop grandes. En ce début de saison, de nombreux consultants et journalistes s'inquiètent de la Lukaku-dépendance à Anderlecht. Si le pression est énorme sur ce gamin de 17 ans, il peut néanmoins compter d'une part, sur la confiance, le soutien, et l'habile gestion des médias de son club qui le protège au maximum. D'autre part, le petit Romelu à lors de son éclosion pu compter sur des éléments talentueux et routiniers comme Boussoufa, Legear et Suarez pour le servir au mieux en zone de finition. Force est de constater que Benteke n'a pu compter ni sur le soutien de son club, ni sur de solides compères d'attaques! Alors si Romelu a 17 ans, n'oublions pas que Christian n'en a que 19. Si le talent n'attends pas le nombre des années, et Benteke en a beaucoup, Anderlecht a compris qu'un jeune joueur doit être entouré dans les bons comme les mauvais moments. Le Standard ne l'a, pour le coup, pas compris.

Dans le même ordre d'idée, le néo-diable n'as pas vraiment été mis dans la ouate sur le terrain. Les tactiques à dimensions variables du "garagiste" l'ont successivement associé à Bokanga ( Zulte Waregem), Cyriac( au Lierse et contre Lokeren),  puis aligné seul en pointe à Saint-Trond. Difficile de trouver des automatismes dans ces conditions. Au sortir d'une saison décevante, les changements tactiques systématiques ne semblent pas vraiment la meilleure manière d'amener des certitudes et de dégager en touche les nombreux doutes d'une très jeune équipe. Des méthodes situées à des années lumières de la confiance et l'expérience qu'insufflait Leekens à ses protégés. A Courtrai chacun connaissait, son rôle sur le bout des doigts, ce qui a permis au club de terminer au pied du podium et de révéler les talents de Benteke et Ciman, entres autres.

Si le Standard avait probablement besoin de renfort en attaque,  il est triste et dommage que ca soit au détriment de Benteke. En jouant le coup de la sorte, le jeune attaquant a non seulement pris un sérieux coup de poignard dans le dos, mais est apparu comme bouc émissaire du piètre début de saison. Dorénavant, en tant que seul atout offensif du FC Malines, l'attaquant pourra engranger les matchs et la confiance, et, je l'espère prouver, à nouveau, à tous, que non il n'est pas....si mauvais!. Mais pourquoi lui souhaiter autant de bien? Car dans la perspective où Leekens installe un système de jeu pérenne avec les diables, Christian Benteke me semble le meilleur remplaçant de Lukaku.. Je dis bien remplaçant, pas complément, car s'il n'a pas tout à fait le même profil, il permet de conserver(on y revient!) le même schéma tactique en cas de blessure d'un Lukaku encore fragile. Et çà, au vu des derniers matchs des diables, je suis sûr que Long Couteau(on y revient aussi!) l'envisage depuis longtemps déjà...

mardi 14 septembre 2010

La parabole du footeux prodigue


On a tous dans un coin de notre cerveau les paraboles que l'on nous a introduit avec plus ou moins de force dans notre tendre enfance. A force de les répéter mes instituteurs, profs de catéchisme et profs de religion ont définitivement irradié ma caboche de catéchumène.  Ça n'est sûrement pas ce que mes endoctrineurs avaient prévu mais c'est en lisant l'actualité sportive sur lesoir.be que la parabole du fils prodigue m'est revenue à l'esprit.

Une rapide recherche a rafraichi ma mémoire : ça commençait comme ça: " ...Le plus jeune dit à son père: "Père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir". Et le père leur partagea son avoir.". Dans le football moderne, ca se traduit plutôt par revalorisation salariale, prolongation de contrat, voir transfert. Les joueurs sont de plus en plus gourmands, même les plus jeunes dont on a parfois fait que deviner le talent.

Ca continuait comme çà :"Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout réalisé, partit pour un pays lointain et il y dilapida son bien dans une vie de désordre.  Ah ben voila, on y arrive! On est champion de Belgique, on est titulaire, on est un des plus jeunes Diable Rouge de l'histoire et on se croit le plus beau, le plus fort. On se dit aussi qu' à 19 ans il est plus que temps d'aller voir ailleurs si l'herbe des terrains de foot est plus verte en Italie. On s'engage avec Florence contre quelques millions d'euros sonnants et trébuchants! Bye bye Belgique trop petite pour moi!!


Les problèmes arrivent ensuite :"Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans l'indigence. Il alla se mettre au service d'un des citoyens de ce pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.  Il aurait bien voulu se remplir le ventre des gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui en donnait".  Bah oui....la lune de miel avec Florence est de courte durée. En série A, on ne laisse s'exprimer que les Prima Donna, aussi on envoie bien vite la Castafiore en prêt à Gênes. Mais là aussi, le seul rôle à sa taille c'est l'entretien des bancs du premier balcon. Bon bien sûr, l'opéra c'est pas fait pour tout le monde! On peut se croire plutôt tailler pour une carrière de pop-star et tenter l'aventure "in UK".  Sauf que la aussi, on joue plutôt les choristes, et encore sur bien peu de morceaux! Pas de bol, le groupe est en plein "split" et fini par sortir des charts.

"Rentrant alors en lui-même, il se dit: "Combien d'ouvriers de mon père ont du pain de reste, tandis que moi, ici, je meurs de faim"! ". Axel, Steven, Romelu, Sébastien,  Johnathan et les autres jouent en coupe d'Europe et moi je me fais des escarts!

"Je vais aller vers mon père et je lui dirai: "Père, j'ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes ouvriers". Il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié: il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers". Allo?Monsieur Vercauteren? On sait bien que par le passé on n'a pas toujours été cool avec un entraîneur qui nous a fait confiance en le lançant à 16 ans en Jupiler League...mais bon, on est pas un mauvais garçon vous savez....je me suis adouci que je vous dit!

Ca me fait mal de le dire mais Anthony Vanden Borre, ce grand talent, aurait peut-être mieux fait de ne pas dormir au cours de religion. Ca lui aurait permis de ne pas perdre les 3 dernières saisons....

jeudi 9 septembre 2010

UNFP.fr.... .BE!


Laissons aller nos imaginations. Laissons vagabonder nos esprits de footeux vers une équipe hypothétique mais pas si improbable. Un team basé sur une défense à 5 : l'ancien joueur des Glasgow Rangers et de Liverpool Grégory Vignal arpenterait le flanc gauche, et le champion de France en titre Laurent Bonnart prendrait le couloir droit. Patrick Muller , Milvoje Vitakic et François Clerc formeraient une charnière centrale au palmarès impressionnant:  13 titres nationaux au compteur, sans compter les coupes. Devant eux, un milieu expérimenté avec  Mathieu Berson, Yohan Hautcoeur et le baroudeur Fabien Boudarène. Ledit trio alimenterait une attaque d'internationaux,  où le tunisien Santos côtoierait le congolais Matt Moussilou. Et pour défendre les cages, l'ancien Lyonnais Nicolas Puydebois serait l'élu.

Les fins connaisseurs auront deviné un point commun de mon 5-3-2 : l'ensemble des joueurs a arpenté plus ou moins longtemps les terrains de la Ligue 1 voisine. Mais il ne s'agit pas là du principal  point commun. Si j'ai assemblé ces footeux, c'est pour une autre raison: ils ont la particularité, rare dans le milieu du foot, d'être gratuit. 100 % gratos. Nada, nieks, niente. En fin de contrat dans leurs clubs respectifs, ils sont donc libre de rejoindre le cercle de leur choix pour pas un euro, pas un centime. Il m'a suffit de tapoter " joueur libre" sur Google pour tomber en moins de temps qu'il ne le  faut pour le dire sur la liste des pros sans contrat sur le site de l'UNFP( Union Nationale des Footballeurs Professionnels). En 5 minutes et 3 clics plus tard, j'avais un onze de base:  simple comme bonjour, je vous disais!.

Bien entendu, si cette équipe composée d'éléments solides, mais sans noms ronflants,  devait se mêler à la compétition outre -Quievrain , je ne miserais pas sur leur capacité à se sauver. Car si là défense à des références avec des joueurs qui ont connu le top en France comme Puydebois, Müller, Clerc et Bonnart, la ligne médiane, par contre, manque singulièrement de génie. S'ils n'ont pas des allures de cadors,  le trio Berson-Hautcoeur- Boudarène  présente des stats respectables avec entre 100 et 200 matchs de Ligue 1 au compteur chacun! Remarquons également que Mathieu Berson peut se vanter de s'être imposé dans un championnat étranger majeur(53 titularisations en deux saisons à Levante). Devant, des joueurs comme Moussilou et Santos ont connu des saisons fastes même si depuis ils semblent un peu dans le creux de la vague. Notons  enfin que je me passe des services de, entre autres, des internationaux  Franck Jurietti(35 ans), et David Jemmali( 35 ans) , et ce afin de garder une moyenne d'âge plus raisonnable de 29.9 ans.

Mais descendons d'un étage et portons nos regards vers notre Jupiler Pro League chérie....Quand on sait que Frank Berrier et Oguchi Onyewu avaient  respectivement 2 et 3 matchs de Ligue 1 au passif avant de rejoindre la Belgique, la plupart des membres de la rapide sélection ci-dessus (140 matchs de Ligue 1 de moyenne) ravirait, j'en suis sûr, nombre de clubs et supporters du pays. Reste à s'accorder sur le salaire me direz vous! Ok, je le concède mais en économisant les indemnités de transfert, il me parait pas impossible de trouve un compromis financier avec un joueur.....sans emploi! D'autant plus, qu'à mon sens, un joueur qui a réussi à faire son trou en France reste un investissement plus sûr qu'un camerounais du championnat chinois, qu'un ghanéen du championnat d'Israël, ou qu'un hollandais repéré sur Youtube! Reste à espérer que nos dirigeants de club auront l'idée de tapoter " joueurs libre" sur Google, d'ajouter le site de l' UNFP à leurs favoris et de partir à la pêche.....miraculeuse?