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jeudi 6 juin 2013

Voilà pourquoi il ne faut pas écouter Rodrigo Beenkens!

Source: Rtbf.be

L'immense Rodrigo Beenkens écrivait ce 20 mai, au lendemain du 32ème titre des mauves, une chronique très péremptoirement intitulée "Voilà pourquoi il faut arrêter les playoffs" sur le ouèbe ertébéen. Malgré l'énorme respect pour un des plus grands journalistes sportifs contemporains, ou plutôt à cause de l'admiration que je lui porte, je réagis. Un peu de craie blanche sur un tableau si noir.

Beenkens entame sa brève dissertation par une question: Comment expliquer notre système actuel à des étrangers? La question est légitime. En effet, le petit monde du football a depuis quelques années les yeux braqués sur notre beau pays. Au bar du club all-inclusive où vous passez vos vacances,  un allemand en tongues et chaussettes blanches, ou un anglais rougeaud et tatoué jusqu'au oreilles, ou bien encore le serveur espagnol vous interpelle et pose les constats suivants. Vos Diables Rouges ont progressé de la 66ème place au classement FIFA à la 12ème place en 4 ans(2009-2013). Comme par miracle, la Pro League qui ne plaçait plus d'équipe dans les poules de Champions League depuis 10 ans y figure depuis 3 ans.  Par un coup de baguette magique, une compétition qui bradait ses meilleurs joueurs pour deux Snickers et un Mars, négocie aujourd'hui à partir de 8 millions d'euros. Se faisant, dans une Europe traversant une crise économique profonde, le plat pays a vu, sans intervention qatarie, ses principaux clubs engranger des bénéfices à 7 voir 8 chiffres. Jens, John et Javier vous posent la même question :  Vous avez changé quoi depuis 2009? Et vous vous entendez répondre, incrédule peut-être: On a réformé le championnat...

Poser comme ceci, mon raisonnement se résume à dire que la réforme du championnat a généré le glorieux niveau actuel de nos Diables. Bien entendu, j'entends vos soupirs, cette conclusion ridiculise mon développement. Prétendre que les playoffs ont accouché seul d'un si bel enfant est absurde. Grotesque.

Mais d'un autre côté, affirmer que la refonte de la compétition n'a eu aucune influence de près ou de loin me semble, sorry Rodrigo, tout aussi inepte. La théorie de la "Génération Dorée" qui attribuerait aux seuls dieux du foot le talent de nos diables ne tient pas la route. Qu'on remercie le ciel et le hazard de s'être penché sur le berceau de l'un ou l'autre, passe encore. Mais pas quand nous alignons 10 ou 12 top-players. Des talents fous égayent chaque ligne de l'équipe, et ce n'est pas juste l'une ou l'autre superstar qui fait parler de nous hors de nos frontières.  Le type chez Panini qui devra choisir le diable à la vignette brillante dans l'album Copa Do Mundo Brazil 2014 va se gratter la tête. Mon constat va à l'encontre des idées mainstream répandues par Beenkens dans sa chronique, et s'oppose à l'air du temps fait, et défait, par les docteurs es football. Mon constat risque même de les blesser, des les torturer, aussi je prends de très grosses pincettes. Attention ça va faire mal. Je prétend que: éventuellement peut-être, sous certains points de vue, certains observateurs, peuvent, possiblement, émettre l'hypothèse d'une façon très générale que le niveau de notre football a progressé depuis la mise en place du nouveau système. Aie. C'est d'ailleurs, ce que nous disent, quand on veut bien les entendre, les étrangers à qui Rodrigo s'explique. Pas besoin de Jens, John et Javier pour enfoncer des portes si grandes ouvertes. Les colonnes de nos journaux encensent les diables matchs après matchs, au fil des semaines.

Néanmoins, peu ou prou admettent, par manque de discernement, par manque de clairvoyance, une quelconque influence de la réforme sur l'embellie. Bien sûr, la réforme n'est pas la raison, mais bien une des raisons. L'Histoire rendra grâce à Yvan De Witte.

Une telle révolution a de facto impacté nos clubs et leurs joueurs. Un exemple comme un autre. Le parcours psycho-dramatique du RSCA dans les PO1, je parle ici du pétage de plombs de VDB contre Monsieur Boucaut, de l'interruption des entraînements par les "supporters", et de l'intervention du sophrologue-professeur de danse John Troost, fait preuve. Indéniablement, cette épopée laissera des traces dans les esprits, les joueurs ont gagné en vécu. En s'extirpant malgré tout du mauvais pas, le groupe Mauve émerge grandit de l'histoire. CQFD.

Sans les PO1, Anderlecht savourerait probablement déjà son titre depuis belle lurette. Dans les championnats dits classiques, nous voyons tous arriver de loin les lauréats, méritant par ailleurs,  du Bayern, du PSG, de Manchester et du Barça. Les duels au finish entre deux cadors sont, qu'on le veuille ou non, l'exception. Avoir 4 prétendants au titre à 3 journées de la fin, apporte(pourquoi le nier?) un surplus de tension, un ajout de suspens, un je-ne-sais-quoi de valeur ajoutée à nos jolis mois de mai. Pour moi, supporter, comme pour les joueurs. Par quelle gymnastique de l'esprit peut on alléguer que la succession des matchs à enjeux en Bundesliga, en Premier league ou en Liga permet de passer un cap, et d'un autre côté, que chez nous, terminer les festivités par dix matchs-couperets tire nos joueurs vers le bas?

Notons par ailleurs, que l'une des différences notables entre l'ère Vandereycken et l'ère Wilmots se situe probablement dans l'origine des joueurs utilisés. Sous René, par choix, par dépit, ou par exotisme, les joueurs formés à l'étranger avait la part belle. Sous son règne, la mode était au made in Oranje (Vermaelen, Dembelé, Vertonghen, Swerts, Maartens, Tom De Mul), voir au Made in La France ( Hazard, Mirallas). Depuis 2009, la tendance s'est inversée. Dans le groupe élargi de Marc Wilmots, de nouvelles pousses ont fleuri. Courtois, Mignolet, Kaminski, Thorgan Hazard, Benteke, Lukaku, Lestienne et Vossen. Pas si mal comme moisson, pour une réforme si stérile. Un proverbe danois nous dit :"On ne moissonne pas du bon blé d'un mauvais champs".

La preuve de l'impact des playoffs étant faite, et attendu que nombreux sont ceux qui en font le procès, écoutons les arguments de chacun. Dans le rôle du procureur, Rodrigo Beenkens mentionne dans sa chronique un réel embrouillamini dans les règlements, les deux matchs de plus du Standard face à La Gantoise avant l'affrontement décisif pour le dernier ticket européen, et notre absence printanière en Europa League. Son réquisitoire se termine comme il l'a commencé: il faut arrêter avec les playoffs! Sur le banc de la défense, j'aligne 3 défenseurs en ligne, tactique osée s'il en est. Trois soutiens de votre connaissance, Jens, John et Javier. Je ne copie-colle pas leurs constats d'ici plus haut, mais je résume. Depuis 2009, nos joueurs ont progressés, leurs valeurs marchandes ont explosé et nos principaux clubs s'enrichissent en les marchandant, et en pérennisant leur présence en CL. Nos Diables impressionnent individuellement depuis quelque temps déjà, et collectivement depuis l'arrivée de Willy.


A vous de juger.




mercredi 8 août 2012

Grande gueule!


Au moment de s'étendre sur les ambitions de son Club de Bruges, Bart Verhaeghe est très clair. Le titre, le titre et le titre! Le président brugeois est issu du milieu des affaires et sait arriver à ses fins. Quand il veut, il peut. Dans le monde froid des affaires, dans le monde de requins des entrepreneurs, Verhaeghe a fait son trou au point d'atteindre le top 100 des belges les plus fortunés... à seulement 46 ans.

Mais au delà du financier, Verhaeghe est un homme. Un homme avec un coeur qui bat, qui bat pour le Club de Bruges dont il est fan depuis toujours. Alors en 2010 quand il a l'occasion, et les moyens, de rentrer dans la direction du club, il n'hésite pas: il fonce! Un an plus tard, il remplace déjà Pol Jonckheere au poste de président, et se lance dans la professionnalisation à outrance. Les méthodes qui ont fait de lui un entrepreneur à succès sont  copiées/collées au FCB. Les campagnes de recrutements se font plus ambitieuses, on recrute de l'international avec Hogli, Rafaelov, Zimling. On recrute également au FC Barcelone avec Vazquez, ou encore des serials buteurs avec Vleminckx, Tchité, Bacca. Et quand, Koster s’essouffle à la tête de l'équipe, Verhaeghe va chercher un nom, Christoph Daum. Ça faisait longtemps qu'on avait plus vu un calibre comme ça en Belgique!

Mais le teuton ne fait pas de vieux os en Belgique, et il faut partir à la recherche d'un nouveau cador. Imaginons un instant, le profil-type qu'un club comme Bruges dessine pour le costume de T1.... Ou plutôt, imaginons un instant, comment un businessman comme Verhaeghe établirait le CV idéal.

Dans le monde de l'entreprise, quand une firme cherche à pourvoir un poste, que cela soit magasinier ou directeur des ventes, une expérience assortie de résultats dans le domaine est bien souvent exigée. D'autant plus quand l'entreprise émarge du top dans son rayon, un challenger peut prendre des risques, pas un leader. Dès lors, quand le Club de Bruges cherche un coach, on peut s'attendre que l'heureux élu ai un palmarès bien rempli. De nombreuses coupes qui montrent à tous que le bonhomme est capable de garnir l'armoire à trophées.  Si on cherche un candidat pour gagner le Tour de France,  on n'engage pas le 17ème du Tour d'Algarve, mais plutôt le triple vainqueur du Giro! D'autant plus quand on est prêt à payer le type 1.2 millions d'euros par an!

Dès lors, si j'étais dans le CA du FCB, je me serais mis à éplucher les palmarès en Belgique, aux Pays-Bas, et ceux des championnats de niveau équivalent à notre Jupiler League...Quelques noms en serait sorti comme ceux d'Ariel Jacobs, de Franky Vercauteren, de Michel Preud'homme, de Böloni, de Peter Maes, de Frank De Boer., entre autres....Mais perdaf, qui est l'heureux élu, Georges Leekens!  Qui se pose là en matière de palmarès: vierge depuis 20 ans! Autant dire qu'on est loin du profil recherché, surtout qu'avec ses 63 printemps, on ne peut pas non plus le ranger dans la catégorie des jeunes qui montent....

Cette nomination a quelques de chose d' intriguant et de rassurant à fois. Intriguant tout d'abord, car malgré le manque de résultats de Mac The Knife, et son incroyable penchant pour les coups de couteaux dans le dos (Excelsior, Courtrai, Diables Rouges...), un type aussi sensé, terre à terre, et près des chiffres que Verhaeghe se fait berner par ses boniments.  Car Leekens, c'est la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf . Il parade, il pérore, mais il ne gagne pas. Il ne gagne jamais. A l'entendre, il a fait plus pour le football belge en deux ans à la maison de verre que les coachs fédéraux des 30 dernières années. Dans les faits, les coachs des 30 dernières années, et l'ensemble de l'Europe du foot se demandent pourquoi nous n'étions pas en Pologne et en Ukraine!

Loin de moi l'idée de noircir la tableau. Leekens a des capacités et pour une bonne douzaine des clubs de notre élite, le choisir, c'est l'assurance de faire une bonne saison. Pas une très bonne, mais une bonne saison. Les fanas de Long Couteau m'attaqueront sur le palmarès en disant que durant toutes ces années, il n'a jamais été aux manettes d'un des grands du pays. Juste! Mais Peter Maes a gagné la Coupe de Belgique avec Lokeren, là ou Leekens n'a rien gagné. Mais Preud'Homme a également gagné la Coupe de Belgique avec La Gantoise, là ou Leekens n'a également rien gagné. Et que dire des perfs tels que la victoire en Coupe de Belgique de Jacobs avec La Louvière en 2003, le titre en 2011 pour Genk et Vercauteren! Aucun exploit de ce genre à l'actif de Georges! Jacobs et Vercauteren, pour ne citer qu'eux, ont connu des moments difficiles avec la presse, malgré les bonnes performances. Tonton Georges, lui, s'éclate avec la presse. En interview, il se régale, il sourie, il pavane, il est le roi.

D'un bon mot, d'un clin d’œil, il transforme une défaite à domicile en une victoire à l'extérieur. En un tournemain, après une défaite 3-1 bien tassée en Allemagne, il affiche ses diables comme les seuls a avoir fait douter la Mannschaft durant 30 minutes depuis 2 ans... Impardonnable grande gueule! Quand j'écoute une intervention à la TV de Leekens, je bois le miel de ses paroles. Je souris béatement à ses sourires,  je perds toute subjectivité et je lui pardonne tout ses sales coups.  On lui donnerait le bon dieu sans confessions, d'ailleurs on l'a fait en le mettant à la tête des diables. C'est pourquoi, comme je le disais plus haut, sa nomination à Bruges est également rassurante. Car le type est sympa, et se dire que mêmes les puissants comme Verhaeghe se font pigeonner, oui... je trouve que ça a quelque chose de rassurant...


jeudi 9 décembre 2010

Génération perdue


Récemment dans l'article "Back in USSR", je profitais du dernier amical de nos diables pour faire un état des lieux démographique du groupe. Aujourd'hui, je pousse plus loin l'analyse dans la même veine.

Piqure de rappel. Ce 17 novembre, Leekens alignait Jean-François Gillet (31 ans), Kompany (24), Van Buyten(32), Vertonghen(23), Ciman(25), Simons(33), Defour(22), Fellaini(23), Hazard(19) , Dembelé(23) et Romelu(17). Je ne reviens pas sur la jeunesse de notre équipe et son manque d'expérience, mais je souhaite tout de même apporter un autre coup de projecteur sur ce groupe. On peut très clairement le scinder en deux sous-groupes: les Olympiques et les briscards. D'un côté donc, la génération des jeunots pékinois, et de l'autre nos trois trentenaires. Jusque là, rien d'exceptionnel me direz vous. Sauf que les amateurs de géographie auront compris la singularité de la pyramide des âges de l'équipe. Elle a un gros trou au milieu. En d'autres termes, elle est scindée en deux parties distinctes, car, aucun des protagonistes n'a entre 26 et 30 ans.  

Cette originalité  n'a pas qu'un vague intérêt statistique. Sur le terrain, ca signifie que c'est une génération entière qui était absente ce jour-là. Quand on sait que, d'une façon générale, un athlète est au sommet de sa forme physique durant la même période 25-30 ans, on peut en conclure que, en théorie, nous étions privé de nos forces les plus vives....

Peut-être s'agit-il là d'un hasard ponctuel et fruit de d'un concours de circonstances? Vérifions.  Pour garnir le banc et compléter le groupe ce jour-là, MacTheKnife avait opté pour Alderweireld, Legear, Lombaerts, Mignolet, Mirallas, Odidja, Ogunjimi, Vossen, Pocognoli, Proto, Vleminckx et Witsel. Avec ses 27 ans, Silvio Proto est donc bien le seul représentant de cette génération dans tout le groupe! Et sans faire offense à son talent, avec seulement 12 sélections au compteur, Silvio n'a, pour l'instant, joué que les accessits, et doit sa sélection à la méforme de Logan Bailly.

Peut-être nous sommes nous privés par choix ou par crainte de blessures de plusieurs éléments pour cette amical sans enjeu? Vérifions. D'un clic, je me parachute sur footbel.be pour consulter la liste des internationaux en activité(+- 80 joueurs).  Dans mes filets, je retrouve 22 joueurs présentant à l'état civil un âge entre 26 et 30 ans. Soit à peine 25% de l'ensemble des diables rouges en activité. En oubliant les joueurs qui ont fait des apparitions anecdotiques(moins de 10 caps),  on ne retrouve plus que douze Diables! Schiterrend, hé!

Voici, le 4-3-3 de la génération perdue des Diables Rouges: Proto (ou Stijnen) entre les piquets, en défense et de gauche à droite Deschacht, Vandamme, Swerts, Gillet. Dans l'entrejeu, Mundingayi et Geraerts forment la base du triangle, Thomas Buffel au sommet du triangle alimentent les attaquants: Vandenbergh, Pieroni, et Huysegems. Bien entendu, cette sélection est purement spéculative. Mais tout de même. Il s'agit là d'une génération entière qui n'a pas su prendre les rênes en équipe nationale entre 2002 et 2010. Et c'est aussi, probablement dans ce 4-3-3 là qu'il faut trouver les raisons des échecs successifs de nos diables durant la même période.

jeudi 11 novembre 2010

Offre d'emploi

Mes indispensables recommandations non-sollicitées pour le football belge.(1)


Puisque de toutes façons, tout le monde a un avis, et que de toutes façons, j'aurais bien tort de le garder le mien pour moi, alors je me lance dans la sauvetage du sport-roi. Propostion numéro uno.

Je me souviens d'avoir été marqué dans ma jeunesse par une info, un peu surannée de nos jours: dans notre beau pays, les diables rouges ayant porté 35 fois la vareuse rentrent gratuitement dans tous les stades du royaume. J'étais émerveillé par ce merveilleux passe-droit, et envieux à l'idée de pouvoir poser ses fesses à discrétion dans les gradins de son choix.

20 ans plus tard, je suis adulte. Je suis toujours fan de foot, mais j'ai perdu un peu de l'enchantement d'alors. Aujourd'hui, quand je pense aux places gratuites pour nos ex-diables rouges, je trouve qu'au contraire, c'est bien irrévérencieux que de les envoyer en tribunes. Car voilà ce que l'on fait, on les envoie en tribunes, avec les joueurs surnuméraires, les blessés, les espoirs, les coachs punis et les observateurs de la CCA.
Pour services rendus à la nation, on les dépêche de l'autre côté de la frontière. La frontière qui divise en deux le monde du ballon rond, celle qui sépare le terrain des tribunes, celle qui dissocie ceux qui jouent et ceux qui regardent. Tu parles d'une récompense. J'illustre par comparaison. Exempter nos vieilles gloires de frais d'entrée, c'est donner des places de cinémas à Robert De Niro, c'est refiler gracieusement une carte de membre au parti démocrate à Clinton, c' est inviter Nicolas Hulot à Nausicaa, c'est porter de l'eau à la rivière.

Mais tout d'abord, qu'est ce que ca veut dire, in fine, avoir le dépasser le cap des 35 caps?  Dans l'histoire du football belge, 90 joueurs y sont parvenus depuis le recordman de sélections Jan Ceulemans (99) jusqu'au ptit dernier à y être arrivé, Vincent Kompany. Pour parvenir à ce total, il faut bien sûr avoir du talent mais pas seulement! 35 sélections, ca signifie avoir brillé durant plusieurs saisons et être parmi les meilleurs à son poste durant autant de campagnes. On a connu des étoiles filantes bourrées de talents, qui en faisant des mauvais choix sportifs, ont très vite compromis leur carrière. Choisir la bonne trajectoire, c'est aussi le signe d'un grand joueur. Quand on veut arriver dans les beaux quartiers de Londres, il vaut souvent mieux prendre l'omnibus qui s'arrête à Bruxelles puis à Amsterdam, plutôt que de prendre le TGV direct vers les faubourgs de la City. Sous peine de connaître un retour à très grande vitesse.  Ensuite, pour durer et devenir une figure de notre équipe nationale,  il faut aussi toujours se remettre en question, et continuer à séduire les coachs successifs, à séduire dans les schémas tactiques successifs. Plus difficile qu'il n'y paraît, demandez à Stijnen!
Alors, si un profiler de monster.be lisait ce billet, il conclurait: Talentueux, intelligent, ambitieux et travailleur.

C'est là que ma recommandation intervient. Au lieu d'envoyer (gratuitement) des gens talentueux, intelligents, ambitieux, et travailleurs s'assoir dans les loges, je propose à notre fédération d'offrir obligatoirement un contrat à ces internationaux en fin de carrière. A l'heure ou je vous parle, les anciens grands joueurs ont quasiment disparu de l'organigramme de la fédé, tant au niveau de la direction technique, qu'au niveau des entraineurs de jeunes! Bien entendu, certains ne seraient pas intéressés, certains auraient des propositions plus lucratives et d'autres encore préféraient se lancer à la tête d'un club, dans le privé.  Mais pour les autres, quelle meilleure écolage pour faire ses armes, et quelle meilleure vitrine pour montrer ses qualités, que de diriger un sélection nationale? J'illustre par l'exemple. Qui doute encore des qualités de Jean-François de Sart aujourd'hui?

Si un footeux termine généralement sa carrière entre 32 et 35 ans, les cercles de notre élite sont généralement peu enclins à faire confiance à un coach de moins de 40 ans. Alors que faire dans l'intervalle? Il reste l'alternative de descendre dans les séries pour diriger une équipe de d2, d3 ou pire encore. Quelle gageure! Arriver à obtenir des résultats dans des conditions délicates, dans des infrastructures misérables et dans des conditions financières aléatoires, reste le meilleur moyen de se casser la gueule et de perdre tout crédit. Non, je persiste, offrons l'occasion à nos diables de rendre au foot ce que le foot leur a donné.

En intégrant les internationaux, peut-être arriverons nous à éviter à l'avenir de sombrer dans le ridicule. Quel ridicule? Devoir poster un annonce pour trouver un secrétaire général de fédé, peut-être....?

mercredi 13 octobre 2010

Champions du Monde!



Je me souviens comme si c'était hier du 12 juillet 1998. L'équipe de France emmenée par un Zizou au somment de son art, conquérait son premier et unique titre de champion du monde. Un peuple en liesse descendait les champs élysées en scandant les noms des héros projetés sur le bien nommé arc de triomphe: Paaaaaaaatriiiiiiick Vieiiiiiiiiraaaaaaaaa, Lauuuurent Blannnnnnnnc, etc...Le président Jacques Chirac surfait sur la victoires des bleus durant tout l'été, proposant au monde l'image du modèle d'intégration français, le succès d'une équipe black-blanc-beur. Je me souviens également du 6 octobre 2001, d'un France-Algérie destiné à sceller l'amitié entre les deux peuples. Ce jour-là, un Stade de France rempli comme un œuf  siffle, conspue la sacro-sainte Marseillaise, avant de tout simplement envahir l'ère de jeu et d'interrompre une rencontre qui n'avait d'amicale que le nom. Le parterre de ministres et de dignitaires parqués dans la tribune présidentielle est bombardée de projectiles et d'insultes. Le modèle d'intégration "à la française" flambe, et il ne reste plus du 12 juillet que le souvenir d'une équipe, pas d'une nation, extra-ordinaire.

En effet, le onze de Jacquet fût un beau champion du monde. Victime d'attaques répétées et virulentes de la presse hexagonale, le bon Aimé persévéra et entra dans l'histoire avec ses trois milieux défensifs: Deschamps, Karembeu, et Petit. Mais on a trop vite fait de Zidane, Thuram, et Vieira des symboles d'intégrations, alors qu'ils n'étaient que ...des joueurs d'exception, leurs carrières en sont les preuves. Par contre, quitte à en faire des emblèmes, qu'ils soient les emblèmes du travail formidable des centres de formation, ces usines à talents qui ont depuis la moitié des 90's  fourni des bus complets de talents. Et si la victoire de 98 appartient à quelqu'un, c'est à eux, à la FFF, à la direction technique nationale, à Aimé Jacquet. Les politiques ont eu tort de s'accaparer une part du gâteau, le 6 octobre 2001, ils sont eu droit à la tarte à la crème.

A des années-lumières de nos voisins tricolores, mais toujours sur la planète football, nos diables rouges voguent de succès en succès. Oui, j'ai bien dit succès.

Quels succès? Commençons par les fils du fleuve Zaïre élevés aux moules-frites, je cite Romelu Lukaku, Vincent Kompany, Anthony Vanden Borre, Chrisitan Benteke, Dedryck Boyata. Notre si petit et si frêle pays a, comme nos voisins du sud, un honteux passé colonial. 50 après l'indépendance, toutes nos fautes ne sont pas lavées. Mais notre succès n'est-il pas d'avoir su faire, en 50 ans, de Vincent et Romelu des gens fiers de porter la vareuse rouge?  Souvenons nous que Kompany s'était lancé dans un bras de fer avec son club de Hambourg à l'été 2008 afin de pouvoir porter nos couleurs à Pékin. S'il n'a pu, au final, participé qu'au premier match des JO, Vince The Prince n'a pas cédé et a fini par cassé son contrat avec les teutons. Le genre de décision qui amène un brassard autour d'un biceps.

Quels succès? Poursuivons avec l'Italie qui n'a pas oublié la Belgique dans sa grande diaspora. Venus pour monter des terrils dans dans nos si plates contreés,  ils ont emmenés l'amour du calcio. Silvio Proto s'exprime toujours avec les mains, Pocognoli va toujours au charbon, tandis que ceux qui ont vu une seule fois jouer Scifo connaissent per sempre la classe italienne.

Quels succès? Le tour du monde se poursuit, en passant par le Maroc avec Fellaini et El Ghanassy, on descend encore un peu vers le Mali et Moussa Dembelé,  plus encore vers le Nigéria et Marvin Ogunjimi. Et comme si tout ça n'était pas suffisant, je suis sûr que le belgo-ghanéen Vadis, que le belgo-tchadien Haroun, que le belgo-rwando-burundo-congolais Tchité, et que le belgo-turc Bolat rêvent de porter la même tunique que le belgo-brésilien De Camargo. Ca c'est du belgo-succès!  Car, qu'on le veuille ou non, un jour ou l'autre, ils ont tous choisi de devenir diables. Les exemples sont nombreux, et la belle multiculturalité de notre équipe reflète celle du pays. Les vagues d'immigration de ces cinquante dernières années ne se sont pas arrêtés à nos frontières, toute l'Europe Occidentale a du trouver des solutions. Mais quand je compare nos diables rouges à la nationalmannschaft allemande, à la squadra azzuri italienne, et à la furia roja espagnole, je les trouve un peu palôte et je constate avec bonheur que nous avons un temps d'avance en matière d'intégration. Succès!

Ok, bien sûr, côté victoires, on n'est pas trop servi. En attendant, je suis fier de voir sous les couleurs de mon pays un peu de Kinshasa, de Lagos, de Porto Feliz, de Casablanca, de Palerme, de Bamako, de Rabat, de Catania. Et puis, consolons-nous si nous n'avons jamais notre 12 juillet 1998 à nous, car nous avons su faire en sorte de ne jamais avoir de 6 octobre 2001.

mercredi 22 septembre 2010

La saison rouche de Benteke


Une fois le départ d' Aloys Nong devenu inévitable, les dirigeants malinwas se devaient de trouver une solution offensive. Il s'agissait bien là d'une véritable obligation, vu l'absence d'autres attaquants dans l'effectif ,aussi, le staff des "yellow and red"  a su la jouer fine en incluant dans la transaction le grand Christian Benteke.

Une fois de plus, la vérité d'un jour n'est pas celle du lendemain en football. Si le néo-international avait rejoint les bords de la Dyle durant le mercato, tous auraient applaudi des deux mains le joli coup des malinois. Dans les dernières heures du 31 août, c'est plutôt un indésirable que le Standard a refourgué. Et pourtant, au sortir d'une belle saison avec Courtrai, Benteke semblait promis à un bel avenir chez des rouches enclins à laisser leurs chances aux jeunes pousses talentueuses. Mais pour le coup, après seulement cinq matchs de compétition, D'Onofrio et consorts s'assoient sur le politique de jeunes, et tape dans leur fameux "trésor de guerre" pour combiner les arrivées simultanées de Nong, Leye et Tchité.

On connait la raison invoquée, ou tout du moins ce qui a amené le départ de Benteke: son inefficacité devant le but depuis la reprise. L'argument est de poids: un attaquant qui n'en mets pas un minimum au fond des filets dans toutes les équipes du monde, il se retrouve sur le banc (où à la buvette pour les plus chanceux d'entre eux). Sauf que...sauf que l'incorrigible petit curieux que je suis ne peux s'empêcher de se poser des questions. En un mot comme en cent : le grand Christian est- il devenu....mauvais??

Je pars donc à l'analyse des prestations 2010-2011 en bord de Meuse de Benteke, c'est pas les travaux d'Hercule, il n'a joué que 5 matchs. Commençons par un rapide état de lieux, il se passe quoi durant l'été à Liège? Il y a des départs, ok! Qui ca? Jovanovic, Mbokani, et De Camargo..ah oui tout de même! On ne peut donc pas vraiment dire que Benteke arrive dans un secteur offensif qui ait atteint, mesdames, messieurs, sa vitesse de croisière. Pour faire oublier le susnommé trident offensif, il fallait peut-être avoir les épaules un peu plus large que l'ami Christian du haut de ses 19 ans. Les supporters rouges ont connu caviars et champagnes ces derniers temps, aussi les attentes sont grandes, trop grandes. En ce début de saison, de nombreux consultants et journalistes s'inquiètent de la Lukaku-dépendance à Anderlecht. Si le pression est énorme sur ce gamin de 17 ans, il peut néanmoins compter d'une part, sur la confiance, le soutien, et l'habile gestion des médias de son club qui le protège au maximum. D'autre part, le petit Romelu à lors de son éclosion pu compter sur des éléments talentueux et routiniers comme Boussoufa, Legear et Suarez pour le servir au mieux en zone de finition. Force est de constater que Benteke n'a pu compter ni sur le soutien de son club, ni sur de solides compères d'attaques! Alors si Romelu a 17 ans, n'oublions pas que Christian n'en a que 19. Si le talent n'attends pas le nombre des années, et Benteke en a beaucoup, Anderlecht a compris qu'un jeune joueur doit être entouré dans les bons comme les mauvais moments. Le Standard ne l'a, pour le coup, pas compris.

Dans le même ordre d'idée, le néo-diable n'as pas vraiment été mis dans la ouate sur le terrain. Les tactiques à dimensions variables du "garagiste" l'ont successivement associé à Bokanga ( Zulte Waregem), Cyriac( au Lierse et contre Lokeren),  puis aligné seul en pointe à Saint-Trond. Difficile de trouver des automatismes dans ces conditions. Au sortir d'une saison décevante, les changements tactiques systématiques ne semblent pas vraiment la meilleure manière d'amener des certitudes et de dégager en touche les nombreux doutes d'une très jeune équipe. Des méthodes situées à des années lumières de la confiance et l'expérience qu'insufflait Leekens à ses protégés. A Courtrai chacun connaissait, son rôle sur le bout des doigts, ce qui a permis au club de terminer au pied du podium et de révéler les talents de Benteke et Ciman, entres autres.

Si le Standard avait probablement besoin de renfort en attaque,  il est triste et dommage que ca soit au détriment de Benteke. En jouant le coup de la sorte, le jeune attaquant a non seulement pris un sérieux coup de poignard dans le dos, mais est apparu comme bouc émissaire du piètre début de saison. Dorénavant, en tant que seul atout offensif du FC Malines, l'attaquant pourra engranger les matchs et la confiance, et, je l'espère prouver, à nouveau, à tous, que non il n'est pas....si mauvais!. Mais pourquoi lui souhaiter autant de bien? Car dans la perspective où Leekens installe un système de jeu pérenne avec les diables, Christian Benteke me semble le meilleur remplaçant de Lukaku.. Je dis bien remplaçant, pas complément, car s'il n'a pas tout à fait le même profil, il permet de conserver(on y revient!) le même schéma tactique en cas de blessure d'un Lukaku encore fragile. Et çà, au vu des derniers matchs des diables, je suis sûr que Long Couteau(on y revient aussi!) l'envisage depuis longtemps déjà...

mardi 14 septembre 2010

La parabole du footeux prodigue


On a tous dans un coin de notre cerveau les paraboles que l'on nous a introduit avec plus ou moins de force dans notre tendre enfance. A force de les répéter mes instituteurs, profs de catéchisme et profs de religion ont définitivement irradié ma caboche de catéchumène.  Ça n'est sûrement pas ce que mes endoctrineurs avaient prévu mais c'est en lisant l'actualité sportive sur lesoir.be que la parabole du fils prodigue m'est revenue à l'esprit.

Une rapide recherche a rafraichi ma mémoire : ça commençait comme ça: " ...Le plus jeune dit à son père: "Père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir". Et le père leur partagea son avoir.". Dans le football moderne, ca se traduit plutôt par revalorisation salariale, prolongation de contrat, voir transfert. Les joueurs sont de plus en plus gourmands, même les plus jeunes dont on a parfois fait que deviner le talent.

Ca continuait comme çà :"Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout réalisé, partit pour un pays lointain et il y dilapida son bien dans une vie de désordre.  Ah ben voila, on y arrive! On est champion de Belgique, on est titulaire, on est un des plus jeunes Diable Rouge de l'histoire et on se croit le plus beau, le plus fort. On se dit aussi qu' à 19 ans il est plus que temps d'aller voir ailleurs si l'herbe des terrains de foot est plus verte en Italie. On s'engage avec Florence contre quelques millions d'euros sonnants et trébuchants! Bye bye Belgique trop petite pour moi!!


Les problèmes arrivent ensuite :"Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans l'indigence. Il alla se mettre au service d'un des citoyens de ce pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.  Il aurait bien voulu se remplir le ventre des gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui en donnait".  Bah oui....la lune de miel avec Florence est de courte durée. En série A, on ne laisse s'exprimer que les Prima Donna, aussi on envoie bien vite la Castafiore en prêt à Gênes. Mais là aussi, le seul rôle à sa taille c'est l'entretien des bancs du premier balcon. Bon bien sûr, l'opéra c'est pas fait pour tout le monde! On peut se croire plutôt tailler pour une carrière de pop-star et tenter l'aventure "in UK".  Sauf que la aussi, on joue plutôt les choristes, et encore sur bien peu de morceaux! Pas de bol, le groupe est en plein "split" et fini par sortir des charts.

"Rentrant alors en lui-même, il se dit: "Combien d'ouvriers de mon père ont du pain de reste, tandis que moi, ici, je meurs de faim"! ". Axel, Steven, Romelu, Sébastien,  Johnathan et les autres jouent en coupe d'Europe et moi je me fais des escarts!

"Je vais aller vers mon père et je lui dirai: "Père, j'ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes ouvriers". Il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié: il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers". Allo?Monsieur Vercauteren? On sait bien que par le passé on n'a pas toujours été cool avec un entraîneur qui nous a fait confiance en le lançant à 16 ans en Jupiler League...mais bon, on est pas un mauvais garçon vous savez....je me suis adouci que je vous dit!

Ca me fait mal de le dire mais Anthony Vanden Borre, ce grand talent, aurait peut-être mieux fait de ne pas dormir au cours de religion. Ca lui aurait permis de ne pas perdre les 3 dernières saisons....